Zainab Fasiki : une artiviste marocaine !

par / Aucun commentaire / 21 janvier 2019

Zainab Fasiki est une illustratrice et bédéiste marocaine particulièrement engagée dans la défense des droits des femmes. Elle est également fondatrice du projet « Hchouma », une plateforme éducative, gratuite et participative qui vise à remplacer le manque d’éducation sexuelle, les tabous à l’école et entre les membres de la famille. Présentation !

Zainab Fasiki : une artiste engagée !

Bien qu’ingénieure en mécanique de formation, cette jeune marocaine est avant tout une passionnée d’art et de dessin. Déterminée et sure de son talent, c’est de la BD qu’elle souhaite pouvoir vivre. Elle dessine, tout le temps, partout et partage ses créations sur des blogs et les réseaux sociaux. Seulement, un fait-divers horrible ayant eu lieu à Casablanca lors de l’été 2017 va la bouleverser et lui donner une nouvelle inspiration. Une jeune femme handicapée est agressée sexuellement dans un bus par plusieurs garçons qui de plus, filment la scène. Elle publie alors un dessin inspiré de cet épisode dramatique. Avec comme légende : « les bus sont faits pour transporter les gens, pas pour violer les filles. »

Evénement rare alors au Maroc, l’illustration de cette femme violentée et nue fait le tour du pays, puis du monde ! Zainab Fasiki est invitée à expliciter son dessin, mais aussi à le défendre. Sur les réseaux sociaux notamment, les injures à l’encontre de l’artiste ne vont pas tarder et ne se feront pas rares. On s’insurge de la voir mettre en scène la nudité mais sans prendre la peine de revenir sur ce qu’exprime réellement le dessin : l’insécurité que vivent les femmes au quotidien ! On lui reproche de ne pas avoir honte, de ne pas avoir la hshouma. Puisant sa force dans ce qui est sensé lui faire du mal, l’artiviste (l’activiste qui s’exprime par l’art) crée une première petite BD, qui s’appelle « Hshouma ».

Cette bande dessinée remet en question la honte et demande qui doit vraiment la ressentir. Il n’est pas normal que la honte soit toujours sur celles qui portent des vêtements jugés trop courts, sur celles qui ont des petits amis, ou pire sur celles qui se font agresser… En réponse, Zainab Fasiki utilise son talent et sa plume, pas tellement pour choquer mais pour mettre les pieds dans le plat. Etre directe mais surtout pour donner une forme à sa lutte : « Je dessine mon corps nu car c’est mon outil de résistance contre le machisme ambiant et tous ceux qui veulent me contrôler ».

Le projet « Hshouma », un parmi d’autres pour Zainab Fasiki !

A la fois projet artistique et initiative éducative, la série de bande dessinée Hshouma, agrémentée d’un site internet, tente d’égratigner les tabous liés au genre, à l’éducation sexuelle ou encore aux violences faites aux femmes. Hshouma.com est donc une plateforme gratuite qui vise à sensibiliser les enfants, les adolescents et les adultes marocains à la nécessité de briser les tabous. Le mot « hshouma » signifie en dialecte maghrébin « la honte » ou « ce qui est honteux »,  comme  un tabou dont on ne peut pas parler avec d’autres, ni en famille ni à l’école. Ce manque de communication favorise l’apprentissage et le développement de fausses informations.

C’est donc face à cette impossibilité qu’ont notamment les femmes de parler de ce qu’elles vivent au quotidien, que Zainab Fasiki a décidé de lancer ce projet. Projet qu’elle développe depuis le centre culturel espagnol Matadero à Madrid, entre mai et juin 2018, avec entre autres le soutien du centre artistique de Marrakech et la communauté Queens Collective. Le site internet est donc lancé le 26 juin 2018 et en tout anonymat, les visiteurs du site peuvent donc découvrir, apprendre et s’enrichir sur les questions relatives au corps, à la sexualité, au genre aux violences et aux discriminations.

Mais elle ne s’est pas arrêtée là ! En octobre dernier, elle a présenté sa nouvelle BD, Feyrouz versus the world, lors du Festival International de la bande-dessinée d’Alger. Cette fois, elle a préféré se concentrer sur l’incapacité des femmes à voyager aussi librement que les hommes. Aussi, pendant un mois jusqu’au 7 décembre 2018, une exposition “Hshouma” s’est tenue au Cube, à Rabat ! Enfin, elle est l’illustratrice de l’affiche officielle de l’événement spécial organisé par l’Institut du monde arabe à l’occasion de la journée du 8 mars 2019. Elle y interviendra également pour une table ronde intitulée « L’Art aussi est féminin ».

Pour suivre les évolutions du projet Hshouma.com :

Pour suivre Zainab Fasiki :

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