WANALife : « Little Go Girls », des femmes ivoiriennes !

par / Aucun commentaire / 10 mars 2016

Les « Go », les « Go de nuit », les « filles fraîches », tels sont les surnoms des jeunes femmes ivoiriennes qui, abandonnées, se prostituent pour des sommes ridicules. A Abidjan, Eliane de Latour les a filmées pour nous offrir Little Go Girls, un documentaire fort !

Un film à voir !

Sorti hier, le mercredi 9 mars, « Little Go Girls » regroupe tout ce qui fait la force de sa réalisatrice. La photographie, avec un soin particulier consacré à l’image, l’écriture pour la force du « récit » de ce film, et l’anthropologie, première casquette de la réalisatrice, qui nous propose avant tout, un portrait de femmes, un portrait de femmes fortes malgré leur jeune âge et la précarité de leur situation. Un film engagé mais pas sensationnaliste, un film beau mais sans « pathos » !

La compassion et le respect avec lesquels la réalisatrice filme ces femmes fait rejaillir la force de la solidarité féminine. En cette semaine de la journée de la femme, seul ce genre de démarche culturelle peut remettre à jour les conditions dans lesquelles certaines femmes vivent encore aujourd’hui. Ce film possède la force de redonner une humanité à ces jeunes femmes à qui la réputation de droguées et de filles sales colle à la peau.

Coup de cœur de la réalisatrice.

Ce film n’est qu’une énième expression artistique de l’« histoire d’amour » entre la cinéaste et ces jeunes filles. Eliane de Latour confie avoir un lien fort avec ces « go », elle qui les côtoie depuis plus de sept ans. En 2009, la réalisatrice se trouve à Abidjan, elle photographie par hasard une jeune fille qui n’hésite pas à prendre la pose. Cette jeune fille est une « go », et cette première photo constitue la première étape d’une grande histoire. Eliane de Latour n’hésite pas à entrer en contact avec ces filles qui toutes se prêtent au jeu de la pose, heureuses de constituer un intérêt pour quelqu’un autrement qu’à l’accoutumée.

Entre 2011 et 2014, l’anthropologue leur consacre un livre et deux expositions. Le livre Go de nuit : Abidjan, les jeunes invisibles, chez Taa’ma éditions en 2011. Et les expositions Go de nuit. Les belles oubliées en 2011 et Go de nuit. Les belles retrouvées en 2014, à la Maison des métallos à Paris. Grâce particulièrement à ces clichés, Éliane de Latour va réunir une certaine somme d’argent avec laquelle elle paiera à Abidjan un appartement pour sortir ces filles de la rue et en profiter pour leur faire apprendre à lire et à écrire.

Des femmes dignes, un film digne.

Ces filles s’appellent Bijou, Blancho ou Chata, elles sont à peine adultes, elles ont entre 13 et 25 ans. Loin de leur famille, fuyant la violence familiale ou la guerre, elles se retrouvent dans les ghettos d’Abidjan où elles se prostituent pour moins de 2 euros !

Ce film, Little Go Girls veut avant tout montrer une facette nouvelle de ces filles : « on les pense hurlantes, violentes, filles de malheur, sales, portant la maladie… Je voulais leur restituer leur complexité d’humain » précise Éliane de Latour. Grâce aux structures lancées par la réalisatrice, quatre filles ont déjà réussi à quitter le ghetto, combien en sortiront grâce à ce film ?

Bande-annonce : 

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