Le Ramadan, un mois sacré(ment) bon ! Partie 2/2

par / Aucun commentaire / 27 juin 2016

De l’Afrique du Nord à l’Afrique centrale et de l’Afrique occidentale à la corne de l’Afrique, chaque pays possède ses propres habitudes alimentaires. Ces mets sont particulièrement mis en valeur durant le Ramadan. Focus donc sur ce que l’Afrique mange durant ce mois sacré…

Ramadan : ventres vides, tables garnies.

Le Ramadan est le neuvième mois du calendrier musulman. Au cours de celui-ci, on ne doit notamment ni manger, ni boire de l’aube jusqu’au coucher du soleil.

Après une dure journée de privation, arrive l’heure de l’iftar, l’heure de manger. Assis autour d’une table bien garnie, les jeuneurs attendent le signal du muezzin dont l’appel à la prière autorise la rupture du jeune. La cuisine africaine est mondialement connue et reconnue, mais durant le Ramadan elle au top de sa forme. Les plats les plus appétissants s’enchainent tout au long du mois. Entrées, plats et desserts sont si nombreux qu’on en oublierait presque Dieu…

En Afrique, les plats consommés après la rupture du jeûne sont très différents selon les régions. Les seuls points communs concernent le respect de la tradition prophétique musulmane, on rompt le jeûne comme Muhammad le rompait, avec une date et du lait. Pour le reste, c’est la tradition et la culture de chaque pays qui entrent en jeu.

WANA se fait votre guide pour ce détour des tables africaines lors du ramadan.

Après notre premier voyage, aujourd’hui direction la Libye, l’Egypte, le Soudan, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Tchad !

Libye – Egypte – Soudan

En Libye, la rupture du jeûne se fait inévitablement avec des dattes et du lait. Et le repas commence par la traditionnelle chorba, une soupe très épicée à base de tomate. Ensuite, pour préparer l’estomac au plat principal, les entrées sont nombreuses dans la cuisine libyenne. Parmi elles, les mbatten, très célèbre dans la cuisine libyenne, il s’agit de pomme de terre farcie de viande hachée, d’oignon, d’ail, de piment rouge, de curcuma et d’œufs.

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Mbatten

 Les principaux plats traditionnels libyens sont le bazeen, une pâte dure, à base de farine d’orge, variante du couscous traditionnel, servie avec une viande d’agneau nappée d’une sauce tomate aux saveurs de paprika et de curcuma, agrémentée de pommes de terre et d’œufs.

 

Bazin

bazeen

Le riz bil khaloot, riz sauté accompagnant du foie d’agneau et des amandes grillés. Les aubergines au bœuf. Et le ousban, une large saucisse d’abats de mouton mélangés à du riz. Pour terminer le repas, rien de mieux qu’un dessert à base de figue, de miel ou de pâte d’amande. Quelques ugmet el qadi feront l’affaire, ces beignets trempés au sirop et roulés dans du sucre glace, de la cannelle ou de la noix de coco, sont succulents.

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Ugmet el qadi

 En Egypte, l’iftar est un événement à part entière. Occupent la table de la rupture du jeûne les incontournables laits et dattes mais aussi quelques jus notamment le qamar al-din, à base d’abricots secs.

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qamar al-Din

En entrée, les familles égyptiennes raffolent particulièrement de trois plats. L’el khochaf, une salade composée de pruneaux, de noix, d’amandes, de raisins, de dattes et autres fruits secs mélangés avec un peu de sucre et  de l’eau de rose. Le poulet fateh, au riz, au pain pita, à la sauce yaourt et aux épices. Et la tameya, des falafels à l’egyptienne.

En guise de plats incontournables, il y a ceux à base de fèves comme le foul moudammass, un ragoût de fèves.

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foul moudammass

Et ceux à base de poulet comme le poulet au riz et sa molokheya à l’égyptienne.

Au dessert, les Egyptiens enchainent les sucreries, oum ali, pudding à base de pâte feuilleté, de fruits secs et de crème fouetté, katayef, crêpe farcie de lait et de pistache ou de noix, konafa, pâtisserie feuilletée et trempée dans un sirop, réalisée à base de cheveux d’ange, de fromage, de beurre et de pistaches et mahallabia, flan à base de lait, maïzena, sucre et d’eau de rose.

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mahallabia

Sans oublier la boisson fraîche égyptienne par excellence, le karkadé, à base de fleurs d’hibiscus séchées connue ailleurs en Afrique comme étant le Bissap.

La cuisine soudanaise a la particularité d’être le résultat du mélange des traditions des nombreux groupes ethniques et des étrangers qui ont influencé l’histoire du pays.

En entrée les salata aswad be zabadi, adas shorbet et kofta occupent les tables. Autrement dit salade d’aubergines et yaourt, soupe de lentilles et boulettes de viande.

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salata aswad be zabadi

Les plats soudanais sont généralement composés d’agneau, de poulet et de poisson, particulièrement la perche du Nil. Accompagnés d’un pain traditionnel rond et aplati appelé kisra et saucés de chatta (sauce piquante à base de piment rouge, jus de citron et ail), les plats principaux les plus courants sont les moolah Waika et moolah roab.

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Chatta – Kisra

Les boissons communes lors du Ramadan sont nombreuses au Soudan. Les fraiches, aabrai, hilumur et nashaa, toutes ou presque à base de sorgho. Les chaudes, thé rouge à la cannelle et café appelé localement jabana.

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Jabana

 

Guinée – Côte d’Ivoire – Tchad

En Guinée, la rupture du jeûne peut se faire avec de la bouillie sucrée tiède de mil ou de fonio pour préparer au mieux son estomac à accueillir un bon plat salé et épicé. Ce plat peut être le dori, plat de riz sur lequel on verse une sauce très grasse à base d’arachide ou de feuilles de manioc,  parfois agrémenté de poisson, de boulettes de viande ou de manioc.

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Dori

Les plats guinéens étant souvent à base viande, de poulet ou de poisson, avec comme accompagnement du tô, du riz ou bien du fonio.

Qu’ils soient rapides comme le foutti fognè, du fonio accompagné de quelques gombos frais, ou le kétoun, où patates douces, taros, maniocs et bananes plantain s’ajoutent à du poisson fumé.

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Foutti fognè

Qu’ils soient plus complexes comme le Konkoé Touré Gbéli, un plat en sauce dans lequel du poisson chat est accompagné d’aubergines, d’oignons, de carottes, de gombos, de pommes de terre et d’oignons.

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Konkoé Touré Gbéli

Il n’est pas impossible qu’un jus de bissap ou de gingembre viennent clôturer le repas.

Les Ivoiriens rompent le jeûne avec des dattes et soit de l’eau, soit un produit laitier ou soit du moni, de la bouillie de mil.

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Moni

En entrée, on mange en Côte d’Ivoire de la salade, des beignets de mil, des beignets de haricots et des pastels.

Comme plats de résistance on retrouve des bananes plantains avec du poisson braisé, du saka-saka au poisson et attiéké (semoule de manioc), de la banane alloco, du tô, et du poulet kédjénou.

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Bananes plantains avec du poisson braisé

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saka-saka au poisson et attiéké

 Et en dessert, on consomme du dèguè, un dessert à base de yaourt et de couscous de mil.

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dèguè

 

Les Tchadiens commencent l’iftar par des dattes conformément aux pratiques du prophète Mohamed. Juste après la prière du coucher de soleil, les jeûneurs entreprennent leur repas par de la chorba.

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Chorba tchadienne

Toujours au début du repas, beignets, bouillie de riz et bouillie de maïs sont consommés.

L’estomac préparé, arrivent les plats de résistance, du riz à la sauce tomate ou de la boule, un plat à base de mil et accompagné de sauce gombo et de viande.

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Boule de mil

En guise de dessert, les Tchadiens mangent du custard (flan aux œufs), des fangassou (beignets) et du bassissé (riz au lait).

Les repas se prennent avec des boissons chaudes ou froides. Du thé rouge, du thé vert, de l’infusion à la citronnelle ou du café aromatisé. Du jus de mangue, de goyave, de citron ou de karkandji, le bissap d’Afrique de l’Ouest.

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Jus de karkandji

 Au dessert, custard (flan aux œufs), fangassou (beignets) et bassissé (riz au lait).

 

Tous ces plats sont particulièrement appétissants, le Ramadan est un mois sacré pour l’accomplissement de la foi musulmane. Il s’agit du mois du partage, et rien de tel que la nourriture pour un partage réussi.

 

Partie 1

 

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