Les déceptions de la CAN Gabon 2017 (Phase de poules)

par / Aucun commentaire / 26 janvier 2017

La phase de poules de la Coupe d’Afrique des Nations est terminée et des enseignements sont déjà à tirer. Avant de revenir sur les équipes encore en lice pour les quarts de finale, retour sur les déceptions de la CAN 2017, ces flops qui ont donné du tort à la compétition continentale !

Aurier ou l’incroyable fiasco ivoirien

Il était une des principales « stars » de cette CAN 2017, figure de proue de BeIN Sports (diffuseur de la CAN en France), un leader naturel de cette sélection de Côte d’Ivoire championne d’Afrique en titre et favorite à sa propre succession : le latéral du Paris SG Serge Aurier a échoué dans les grandes largeurs au Gabon. Le natif de Sevran porte une grande partie de l’échec ivoirien au 1er tour car il a été inefficace dans son jeu offensif sur le côté droit – qui fait sa réputation dans le championnat français- mais surtout il a montré aux yeux de l’Afrique du football ses nombreuses largesses défensives en étant clairement responsable sur les deux buts concédés par les Éléphants contre la République démocratique du Congo, entre nonchalance dans les duels et erreurs de placement. Ce qui est surtout à blâmer, c’est cette confiance presque arrogante devant les médias pour rassurer le peuple ivoirien sur les qualités de l’effectif. La rencontre contre le Maroc (0-1) vient sanctionner deux années de décadence des fans, des joueurs, de l’entraineur et aussi des observateurs (y compris nous), incapables de voir les difficultés de la Côte d’Ivoire à se qualifier pour cette Coupe d’Afrique et amputée de ses vrais joueurs cadres de 2015 (Yaya Touré, Gervinho, Kolo Touré…). Une responsabilité partagée mais la « star » Aurier doit en assumer une (large) part autant qu’il a tiré profit de la gloire en 2015.

Les Panthères du Gabon : prévisible échec

Cela faisait 23 ans qu’un pays hôte n’avait pas été éliminé de sa compétition à la maison et pourtant ils l’ont fait : les Panthères du Gabon est déjà out de cette CAN 2017. A vrai dire cette sortie de route sans perdre (3 matchs nuls en 3 rencontres) n’est absolument pas surprenante. La préparation tronquée par l’arrivée tardive du sélectionneur espagnol Juan Antonio Camacho pour remplacer le très contesté Jorge Costa, la pression populaire autour de l’équipe pour arracher au minimum une qualification en quarts voire mieux ont eu raison des Panthères. Cet échec est aussi celui des cadres (Ecuélé Manga, Ndong, Lemina, Aubameyang) qui n’ont pas réussi à transcender un effectif globalement très moyen malgré l’émergence de quelques bons joueurs au court de ces trois matchs (Palun, Evouna, Bouanga). Le match contre le grand frère et voisin camerounais (0-0) a failli donner un miracle aux Gabonais mais il a fallu un Aubameyang maladroit devant et un survolté Ondoa, le gardien des Lions Indomptables, pour mettre fin au rêve du Gabon de réussir sportivement cette compétition.

Après un contexte politique et social tendu et donc une CAN ratée, les Gabonais retourneront à leurs occupations quotidiennes. Quel sera l’état d’esprit de la population à Libreville, à Franceville, à Oyem, à Port Gentil le 6 février au lendemain de finale ? Nul ne sait, et c’est ce qui inquiète.

L’Algérie, un collectif si fade

L’élimination des Fennecs était inattendue pour notre part même si on présageait que cette équipe vue (injustement) comme une favorite. On s’attendait à ce qu’elle soit chahutée face au Zimbabwe (2-2) et c’est ce qui s’est passé ; à ce qu’elle ne s’impose pas contre le Sénégal (2-2) et c’est ce qui s’est passé ; mais la défaite contre les Aigles de Carthage tunisiens (0-2) a été LA grosse surprise ! Surprise ? Pas totalement. L’échec des hommes de Georges Leekens couvait depuis plusieurs mois avec cette instabilité au poste de sélectionneur en 2016, les tensions supposés au sein du groupe algérien entre certains joueurs, la défaillance de joueurs majeurs (Mandi, Ghoulam, Brahimi, Slimani…), l’absence de solidarité sur le terrain entre une défense si fragile -6 buts encaissés- et une attaque flamboyante- 5 buts marqués – avec un milieu incapable de faire le lien et de maintenir un équilibre.

Le manque de caractère a été criant, ce manque de cohésion collective que les Tunisiens, au contraire, ont su cultiver pour dominer l’Algérie et se qualifier derrière un Sénégal intouchable. Le Ballon d’Or africain Mahrez a fait illusion le temps d’un match contre le Zimbabwe avec son doublé mais son manque d’implication sur le plan défensif a été vivement critiqué. Les Fennecs sortent de la compétition en même temps que leurs chaleureux et passionnés supporters malgré certains idiots mêlant leur méconnaissance du football africain à leur bêtise raciste. Ce grand pays de football ne mérite pas ça.

Les Petits Poucets n’ont surpris personne

Guinée-Bissau, Zimbabwe, Togo, Ouganda. On ne donnait pas cher de leur peau au début de cette compétition, ils se sont battus avec dignité mais le résultat est le même pour chacune de ces équipes : retour à la maison prématuré pour eux ! La Guinée-Bissau a obtenu le premier point de son Histoire face à l’hôte gabonais à la dernière minute (1-1) a tenu la dragée haute au Cameroun s’inclinant de justesse (1-2) avant de faiblir face au Burkina Faso (2-0). Dans le groupe B, Le Zimbabwe a été étincelant contre l’Algérie (2-2), impuissant contre le Sénégal (0-2) et décevant contre la Tunisie (2-4). Le Togo a fait illusion contre la Côte d’Ivoire championne en titre (0-0) avant de se ridiculiser contre le Maroc et la RD Congo (1-3) notamment à cause de ses gardiens de but. Enfin l’Ouganda a failli tenir en échec le Ghana et l’Egypte (0-1) avant de partager les points avec le Mali (1-1).  Les « petits » ont montré qu’ils avaient bien préparé la compétition, ont fait parfois plus que jeu égal avec les ténors du football africain mais n’ont pas su tenir la distance sur 90 minutes et sur les 3 matchs. Quoi qu’il en soit, ce ne sera pas cette année que l’on verra une énorme surprise au palmarès de la CAN comme l’a été la Zambie en 2012. Cette expérience pourra leur servir en vue de la prochaine CAN 2019 au Cameroun… ou pas !

Les (exécrables) pelouses gabonaises

C’est peut-être l’une des plus grosses déceptions de la CAN 2017 : l’incapacité de l’organisation à offrir une pelouse de qualité aux 16 équipes de cette compétition. Les terrains de Libreville (groupe A), Oyem (groupe C) et Port Gentil (groupe D) sont des hontes pour le football international. La condescendance faite par les clubs européens, principaux employeurs des joueurs de la CAN, sur cette compétition peut être comprise rien que sur cet aspect. Il est quasiment suicidaire de faire jouer des matchs dans des conditions aussi difficiles non seulement pour la qualité du jeu et également pour la santé des joueurs. Le nombre de blessures lors de cette édition gabonaise est énorme et met les organismes à rude épreuve. Au rythme où vont les choses, on ose à peine imaginer dans quel état sera le stade de l’Amitié à Libreville pour la finale. Quant au niveau technique, on se doute déjà qu’il sera aussi pauvre que lors de la phase de poule, les joueurs devant composer avec des mottes de terre, des rebonds capricieux et même des surfaces de jeu sans herbe comme à Port-Gentil ! On se demande si la pelouse faisait partie du cahier des charges pour l’obtention de l’organisation de la Coupe d’Afrique. Remettons une médaille malgré tout au stade de Franceville (groupe B) qui a été la seule pelouse digne de ce nom durant cette phase de poules.

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