27e sommet de l’Union Africaine, à Kigali !

par / 1 commentaire / 18 juillet 2016

Les chefs d’Etat et de gouvernements africains réunis depuis le 10 juillet discutent sur plusieurs enjeux. Parmi les plus significatifs, la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la commission de l’Union Africaine, la mise en place d’un passeport africain et le retour du Maroc au sein de l’organisation.

La succession de Nkosazana Dlamini-Zuma, principal objectif, premier couac de l’Union Africaine ?

C’était le principal enjeu de ce 27e sommet de l’Union Africaine, la succession de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma au poste de président de la Commission de l’Union Africaine (UA). Les candidats au poste étaient trois, le ministre des Affaires étrangères équato-guinéen Agapito Mba Mokuy, la ministre botswanaise des Affaires étrangères Pelonomi Venson-Moitoi et l’ancienne vice-présidente de l’Ouganda Speciosa Wandira-Kazibwe.

Nkosazana Dlamini-Zuma

Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union Africaine.

Les chefs d’Etats ne furent pas particulièrement enthousiasmés par ces trois candidats. A l’image des pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), beaucoup ont demandé officiellement à la Commission un report du scrutin afin de rouvrir la liste des candidatures.  L’idée étant de reporter l’élection à janvier 2017.

L’élection a tout de même eu lieu ce lundi matin… Mais aucun des trois candidats n’a obtenu les voix nécessaires lors des trois tours du scrutin. Le mandat de l’actuelle Commission est prolongé de 6 mois et l’élection est donc reportée à janvier 2017.

Mise en place d’un passeport africain, symbole de l’Union Africaine.

Dans le cadre des politiques menées par l’organisation pour faciliter la libre circulation, l’UA lance son passeport électronique. Les ministres africains des Affaires étrangères et les représentants permanents des États membres de l’UA se sont vus remettre ce précieux passeport en avant-premières.

La délivrance de ces premiers documents de voyage a pour objectif d’accélérer la mise en place et l’officialisation d’un passeport africain.

L’idée de ce passeport panafricain existe depuis 2014, lancée dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’UA. Son but selon l’UA : « faciliter la circulation des personnes, des biens et des services au sein de l’Union en vue de dynamiser le commerce panafricain, l’intégration du continent et son développement économique ». L’UA espère voir tous les pays africains délivrer le passeport aux citoyens lambda d’ici à 2018.

kagamé déby union africaine

Paul Kagamé et Idriss Deby, premiers à recevoir le passeport de l’Union Africaine.

Comme un symbole, dès l’ouverture du sommet, Idriss Déby Itno et Paul Kagame ont reçu ce fameux passeport des mains de Nkosazana Dlamini-Zuma.

« Ne négligez pas l’importance de ce moment. C’est une étape historique. En le recevant, je me sens le Premier africain ». a déclaré Déby en brandissant son nouveau passeport.

Retour du Maroc au sein de l’organisation Union Africaine.

32 ans après son retrait, le Maroc négocie son retour au sein de l’organisation continentale africaine, pourtant, la République Sahraouie est toujours reconnue par l’Union Africaine, cette reconnaissance étant à l’origine de la séparation marocaine.

« Cela fait longtemps que nos amis nous demandent de revenir parmi eux, pour que le Maroc retrouve sa place naturelle au sein de sa famille institutionnelle. Ce moment est donc arrivé », d’un ton enragé, c’est par ces mots que le roi du Maroc adresse son message au 27e sommet de l’UA.

mohammed VI

Mohammed VI veut revenir au sein de l’Union Africaine.

Le message de Mohammed VI, qui exprime de manière déterminée, la disposition du Maroc « à œuvrer au sein de l’UA en vue de transcender les divisions » a été remis hier (17 juillet) au président tchadien, Idriss Deby Itno, président en exercice de l’Union Africaine (UA).

La question de l’indépendance sahraouie est loin d’être réglée. Le Maroc n’impose pas directement l’exclusion de la RASD comme condition du retour marocain dans les instances de l’UA, au contraire il affirme ces positions : « sur la question du Sahara, l’Afrique institutionnelle ne peut supporter plus longtemps les fardeaux d’une erreur historique et d’un legs encombrant. L’Union africaine n’est-elle pas en contradiction évidente avec la légalité internationale puisque ce prétendu Etat n’est membre ni de l’Organisation des Nations unies, ni de l’Organisation de la coopération islamique, ni de la Ligue des Etats arabes, ni d’aucune autre institution sous-régionale, régionale ou internationale ? ».

Au cours de ces dernières années, la cause de l’indépendance sahraouie a perdu beaucoup de ses soutiens sur le continent africain.

Au cours de ces dernières années, la cause de l’indépendance sahraouie a perdu beaucoup de ses soutiens sur le continent africain.

Au cours de ces dernières années, la cause de l’indépendance sahraouie a beaucoup perdu ces soutiens sur le continent africain (seuls 18 membres de l’UA la reconnaisse), le Maroc peut s’appuyer sur ses « alliés » d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Gabon et le Congo-Brazzaville. Mais les grandes puissances comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Ethiopie et évidemment l’Algérie continuent d’être favorables à la quête indépendantiste des Sahraouies.

Quand on sait que d’un côté le Maroc n’a cessé de gagner en influence économique et diplomatique ces dernières années et que son retour au sein de l’Union Africaine ne devrait pas tarder et que de l’autre côté, ce sommet de Kigali s’ouvre par une minute de silence en l’honneur de Mohamed Abdelaziz, le président de la RASD décédé en mai, et que la présidente de la Commission n’a cessé d’encourager « le peuple sahraoui et ses alliés à poursuivre la lutte pour leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance », la présence marocaine au sein de l’Union Africaine va certainement créer un malaise au sein de l’organisation.

Ce qui n’est pas pour nous rassurer…

Un sommet de l’Union Africaine concluant ?

Seul le dernier semestre de l’année 2016 nous le dira. Rajoutons seulement que ce sommet fut également l’occasion pour les chefs d’Etat de discuter de la lutte contre le terrorisme, touchant plusieurs Etats membres de l’Union Africaine, il s’agit de mettre en place des plateformes pour faciliter les échanges de renseignements entre pays.

Les crises au Burundi et au Sud-Soudan ont également occupées les débats, l’idée d’une intervention militaire d’une coalition africaine est la plus probante bien que personne ne la souhaite vraiment…

Mais en réalité, le véritable défi auquel doit répondre l’Union Africaine consiste à mettre en place des politiques fortes de développement, véritable vaccin contre la pauvreté, la discrimination raciale et sexuelle et le terrorisme en Afrique !

Rendez-vous en janvier 2017 à Addis-Abeba pour le prochain sommet de l’Union Africaine.

passeport africain union africaine

Le nouveau passeport africain de l’Union Africaine, point principal et majeur de ce 27e sommet au Rwanda.

Site officiel de l’Union Africaine :

http://www.au.int/en/

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