Zap Tharwat, le rappeur égyptien qui se veut féministe !

par / Aucun commentaire / 21 juillet 2017

En Egypte, Zap Tharwat est le rappeur qui aimait les femmes. Les musiques et les clips de l’artiste pointent du doigt sans concessions les clichés machistes et le harcèlement sexuel qui empoisonnent la société égyptienne. Portrait.

 Zap Tharwat rap pour les femmes mais surtout pour l’Egypte.

Jordanien de naissance, ce Cairote d’à peine 30 ans est devenu l’un des rappeurs les plus populaires et influents d’Egypte. Sa particularité : ses chansons sont dédiées à la défense des droits des femmes. La musique égyptienne est certes connue pour ses chanteuses pulpeuses qui divisent la société (Ruby) et ses chants consacrées à la gent féminine d’hier et d’aujourd’hui (Oum Kalthoum, Sherine), mais peu pour ses chants féministes, encore moins dans le rap. Zap Tharwat  ne  se cantonne pas à clamer l’égalité, dans ses raps il aborde les discriminations et le harcèlement sexuel sans tabous. Le rappeur s’est rapidement distingué sur la scène musicale nationale. Ses clips, produits par la boite de productions Axeer, atteignent régulièrement plusieurs millions de vues sur YouTube. Le rap est l’art par lequel s’exprime les plus vulnérables, Zap Tharwat prend la parole pour les femmes de son pays : « Je suis venu au hip-hop par intérêt pour les problématiques sociales plus que par amour des grosses basses ». Le rappeur s’est dès le départ investit de cette mission.

Le harcèlement sexuel, un fléau égyptien.

La question du harcèlement sexuel à beaucoup inspiré les artistes égyptiens, notamment les cinéastes. Yousri Nasrallah avec Femmes du Caire, et Mohamed Diab avec Les femmes du bus 678, ont consacré des films forts autour de ce sujet. Zap Tharwat et son rap sont dans la même veine que ces réalisateurs de talent : « Depuis l’enfance, j’ai toujours été interpellé par les injustices. J’ai grandi à Medinet Nasr, un quartier de la classe moyenne du Caire. Comme la plupart des jeunes Egyptiens, j’y ai passé mes soirées, installé avec des amis près d’un koshk (épicerie) ».

En 2014, il diffuse le clip de son titre « Min Al-Saba », (« qui est responsable ? »). En duo avec une chanteuse, Menna Hussin, il accuse toute la société égyptienne. Il l’accuse d’être lâche, de laisser faire un fléau dont elle a profondément conscience. Dans le clip, on le voit mettre en scène des hommes et des femmes qui se bouchent les oreilles et détournent leur regard quand ils sont témoins d’une agression sexuelle, dans le bus notamment. « Je me suis rendu compte que tout le monde se trouvait une justification et une manière ou une autre de se défiler. Au départ, je voulais même appeler cette chanson “Tu es responsable” pour pointer du doigt chaque personne, en particulier les médias, qui portent une lourde responsabilité de la mauvaise image de la femme égyptienne. ».

« J’estime simplement que, dans la société, la femme constitue notre moitié. » Zap Tharwat.

A partir de fin 2016, le rappeur prend une tournure nouvelle. Son message est remarqué à l’échelle internationale grâce à son titre « Nour » en duo avec Amina Khalil. Le clip comptabilise aujourd’hui plus de 11 millions de vues sur YouTube. La chanson met en scène un chef d’entreprise en train de lire l’histoire personnelle d’une personne qu’il imagine être un homme, en réalité il s’agit du parcours d’une femme, ce qui le surprend. Le clip, digne d’un court métrage ridiculise ainsi les clichés machistes sur le travail, la place des femmes dans la famille et dans la société.

Pour en savoir plus sur Zap Tharwat.

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