Sir David Adjaye, l’architecte du renouveau africain !

par / Aucun commentaire / 23 mai 2017

La WANATeam vous présente David Adjaye,  un architecte britannique originaire de Tanzanie réputé pour ses œuvres très originales avec une touche futuriste. Sir David Adjaye est un homme en mouvement. Sa réputation s’est construite à travers le monde en y laissant des œuvres plus remarquables les unes que les autres.

David Adjaye, un homme en mouvement à la recherche du « progrès »

Sir David Adjaye est un homme qui aime le mouvement. Né en Tanzanie et d’origine ghanéenne (d’un père ambassadeur du Ghana sous la présidence de Kwame NKrumah), il a grandi entre l’Ouganda, le Kenya, l’Egypte, le Yémen, le Liban et l’Arabie saoudite.

Mais c’est depuis Londres, où il a étudié l’architecture au Royal College of Art qu’il s’établit. Il rayonne vers Kinshasa, Luanda ou Addis-Abeba. Ces villes et les défis urbanistiques qu’elles doivent relever le fascinent autant que leurs histoires et celles des habitants qui y vivent. « Dans ce continent en transition, qui est en train de trouver sa place dans un monde moderne tout en affirmant son identité, l’architecte peut concrétiser ce désir de modernité entamé par les pères des indépendances et aujourd’hui exprimé dans les arts, explique-t-il. L’Afrique n’est pas intéressée par la préservation mais par le progrès, ce qui est excitant. »

Style et influences

Sir David Adjaye a un style d’architecture qui mélange l’original à l’utile. Il souhaite construire pour « répondre à un besoin » et non pas construire pour construire : « Une grande architecture est une invention, une création qui répond à un besoin. » L’architecte regrette parfois que, comme à Luanda (Angola), des bâtiments restent vides et inaccessibles. Parfois, comme à Conakry (Guinée), ils abritent des appartements hors de prix qui font la fierté du président Alpha Condé et narguent les habitants. Pour Sir David Adjaye, c’est tout le contraire qu’il souhaite exposer. Lui veut créer des pièces d’excellence.

 

Un homme sollicité

Sir David Adjaye reçoit beaucoup de sollicitations. En juillet, un bâtiment cubique noir et ocre, orné de motifs tribaux, a été inauguré sur Victoria Island, à Lagos (Nigeria). Cette création de David Adjaye lui a été commandée par une femme d’affaires nigériane, Reni Folawiyo, pour abriter le concept store Alara avec l’ambition de bouleverser l’univers local du luxe et de la création. Dans le même temps, David Adjaye levait le voile sur ses plans pour le centre de cancérologie pédiatrique de la Fondation Eugène Gasana Jr (du nom du fils de l’actuel ambassadeur du Rwanda à l’ONU) au sud de la capitale Kigali. Un bâtiment rectangulaire recouvert de métal et de verre intégrant des formes géométriques inspirées de l’art traditionnel Imigongo. Pour Adjaye, le Rwanda est indéniablement un « centre » de l’Afrique, qui doit l’inspirer par son dynamisme en matière d’éducation et d’innovation.

Entre ses bureaux de Londres et d’Accra et son vaste appartement new-yorkais, David Adjaye conçoit le futur complexe gouvernemental à Libreville, la capitale du Gabon. Il s’agit d’harmoniser « une identité française très forte et une culture bantoue ». Et de concrétiser l’ambition moderniste et environnementale du président Ali Bongo. Sur les plans, on découvre un ensemble verdoyant, avec des immeubles aux lignes épurées bordant de larges avenues désengorgées. Un peu plus loin, le bâtiment de la fondation de la première dame, Sylvia Bongo, qu’il a aussi conçu. Lui, l’anglophone, observe non sans une certaine condescendance la relation de la France avec ses anciennes colonies. « Chaque ville dans le monde porte les traces de son histoire, et la période coloniale en fait partie. Mais il ne faut pas répéter ces modèles qui ont négligé l’approche culturelle. Il faut adapter cette architecture au XXIe siècle. »

Architecte de renom & homme de réseau

David Adjaye est sûrement l’un des architectes d’origine africaine les plus en vue du moment. Sur le continent, il partage le marché de l’architecture avec le Burkinabé Diébédo Francis Kéré, pour son approche révolutionnaire qui remplace les briques en béton par des briques de terre ; le Nigérian Kunlé Adeyemi, qui s’est fait connaître pour son école flottante en forme de pyramide à Makoko, un quartier pauvre sur le lagon de Lagos ; le Sud-Africain Mokena Makeka, concepteur de la nouvelle gare du Cap ; le Marocain Rachid Andaloussi, à l’origine, avec Christian de Portzamparc, de CasArts, le plus vaste théâtre d’Afrique et du monde arabe ; et la Sud-Africaine Carine Smuts, qui développe depuis vingt ans l’architecture durable dans les townships et les villages de son pays. « Au-delà de son talent, David Adjaye est un homme d’affaires et un homme de réseau. Sa principale force est son carnet d’adresses, hérité de son père ambassadeur et de ses multiples rencontres.

Un globetrotteur en recherche constante d’inspiration

David Adjaye, qui admet passer près du tiers de son temps dans les avions, cherche l’inspiration dans le design japonais, l’art yoruba ou l’esthétique moscovite. Il a d’ailleurs conçu la Moscow School of Management Skolkovo en puisant dans le constructivisme et le suprématisme russe. Mais son plus grand projet en cours doit sortir de terre du côté de Washington : la conception du Musée national d’art africain de l’Institut Smithsonian. Là, il invite les symboles yoruba au cœur de la capitale américaine. Les trois niveaux de toits superposés symbolisent la triple couronne des divinités des Yoruba, « les plus grands artistes de cette période durant laquelle onze millions d’Africains ont été réduits en esclavage ». On dit que le président Obama l’a sollicité pour redessiner la bibliothèque présidentielle. Il s’en amuse : «Non, Obama n’appelle pas les gens pour une bibliothèque. Il a le monde à diriger.» David Adjaye, lui, semble avoir les capitales du monde à repenser, à commencer par celles d’Afrique.

Devenu l’une des référence en la matière Sir David Adjaye est un homme progrès et qui veut toujours une avancée positive pour le continent africain quel qu’en soit le domaine.

Vous pouvez suivre Sir David Adjaye sur

Laisser un commentaire