Salma al-Majidi, première femme soudanaise coach d’une équipe de football masculine !

par / Aucun commentaire / 20 avril 2018

Dans un pays où le football féminin n’existe pas, Salma al-Majidi a su trouver sa place et être la première femme arabe et soudanaise de l’histoire à devenir coach d’une équipe masculine, d’après la Fédération internationale de football (FIFA). Un symbole !

 Salma al-Majidi, une amoureuse du ballon rond

Pour Salma, le football est une véritable passion découverte quand elle était enfant. Elle accompagnait son petit frère sur les terrains et suivait ses séances d’entraînement avec intérêt. « Je notais tout ce que disait l’entraîneur à mon frère et à ses partenaires. J’apprenais par cœur ses conseils tactiques ainsi que la façon dont il disposait les plots », se souvient la Soudanaise d’aujourd’hui 27 ans. Bien plus qu’un sport, le football est pour elle un mode de vie.

Quand on lui demande « pourquoi le football ? », elle répond « parce que c’est mon premier et dernier amour ». Évidemment, son amour pour le ballon ne peut être moins fort dès lors que dans son pays les équipes féminines de football n’existent pas ! Pour avoir l’ambition de vivre de ce sport au Soudan, se battre pour se faire respecter dans un sport « réservé » à la gente masculine et finir par entrainer une équipe d’hommes, cela signifie que le football est la raison de vivre de Salma al-Majidi.

Femme courage, coache de talent

Rapidement, la jeune sportive que l’on surnomme « Sister coach » entraîne des équipes. D’abord les moins de 13 ans, puis les moins de 16 ans du club Al-Hilal Omdurman, le plus grand du pays. Puis, après plusieurs formations et des diplômes, elle devient entraîneuse de football à plein temps, rémunérée au même titre que ses homologues masculins. Elle a notamment coaché plusieurs clubs masculins de 2ème ligue comme Al-Sasr ou encore Al-Nahda.

Dans un pays, mais surtout dans un sport ou le sexisme est omniprésent, la jeune femme a au départ du mal à se faire respecter par les jeunes garçons sous sa responsabilité. Elle se souvient entre autres de l’un de ses élèves qui disait appartenir à une tribu dans laquelle les hommes ne devaient jamais prendre leurs ordres auprès d’une femme : « il a fallu des mois pour qu’il m’accepte » avoue la coache. Mais il en faut bien plus pour la décourager…

Voile sur la tête et sifflet à la bouche, symbole d’un nouveau féminisme

Le plus impressionnant dans l’histoire de cette battante des temps modernes n’est pas de réussir à entrainer une équipe d’hommes dans un pays arabe, d’Afrique ou musulman. Non, son exploit est de se faire accepter par le monde du football. La difficulté d’associer féminité et football est vraie, qu’importe les pays, même les plus développés. En effet, seule une poignée de femmes ont entrainé des groupes d’hommes dans le football occidental.

Par exemple, en prenant les rênes du Clermont Foot en 2014, Helena Costa était devenue la première femme de l’histoire du football français à entrainer une équipe professionnelle masculine. Alors, parvenir à 27 ans, comme Salma al-Majidi, à entrainer des groupes d’hommes dans le football de haut niveau, est un véritable exploit. Bien plus qu’une avancée pour la condition des femmes soudanaises, cette histoire est un symbole de la lutte féministe mondiale. « Mon message aux hommes en général est de donner une chance aux femmes de faire ce qu’elles veulent », explique Salma al-Majidi. C’est pourtant si simple à comprendre…

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