“Roads”, une amitié surprenante sur la route de la migration !

par / Aucun commentaire / 23 juillet 2019

Roads” raconte l’histoire d’une amitié improbable entre deux jeunes hommes que tout oppose : un Britannique très bien né et un Congolais sans papier engagé sur la route migratoire à la recherche d’un frère disparu. Du Maroc à la France, ce film aux allures d’un road-movie d’apprentissage touche, à défaut d’être surprenant. Notre avis : 

Roads, de Sebastian Schipper :

  • Avec Fionn Whitehead, Stéphane Bak, Moritz Bleibtreu…
  • Produit par David Keitsch et Sebastian Schipper.
  • Distribué par Rezo Films

Sebastian Schipper s’est fait connaître du monde du cinéma avec Victoria, film tourné en un seul plan-séquence et lauréat d’un Ours d’argent à Berlin en 2015. Le réalisateur allemand avait impressionné et de fait, son deuxième long-métrage était particulièrement attendu. Roads, s’avère beaucoup moins ambitieux d’un point de vue technique mais s’autorise un contexte ambitieux : un road movie sur fond de crise migratoire.

Synopsis : « Gyllen, un jeune garçon de 18 ans originaire de Londres, fuit les vacances familiales au Maroc à bord du camping-car volé à son beau-père. Sur sa route, il rencontre William, un jeune congolais de son âge qui souhaite rejoindre l’Europe à la recherche de son frère disparu. Complètement livrés à eux-mêmes, ils décident d’unir leurs forces. Ce duo improbable se fraye un chemin à travers le Maroc, l’Espagne et la France jusqu’à Calais, poussé par la soif d’aventure. Au fil de leur voyage, l’amitié et la confiance s’installent entre les deux adolescents. Mais certaines décisions difficiles vont changer leur vie à tout jamais… »

Un film qui n’est pas à la hauteur de sa thématique.

Un duo qui se forme par un pur hasard composé de deux personnes issues de mondes totalement différents et qui apprennent à s’apprécier le long d’une route pleine de péripéties est un postulat scénaristique vu et revu au cinéma. Cette phrase fut longue mais elle en dit long sur le film. Classique, parfois mièvre, Roads comporte des lacunes. Il manque d’originalité dans l’écriture, il prend peu de risque sur la musique de fond et les belles images poétiques de la route ou de la nature ne le sauvent pas. Ceci dit, deux éléments rendent le film regardable : les deux acteurs principaux et le contexte de l’intrigue. 

Fionn Whitehead et Stéphane Bak ont beaucoup de talent et font preuve de beaucoup de dynamisme. Ils parviennent parfaitement à entrer dans la peau de ce jeune Britannique perturbé par une situation familiale compliquée qui découvre la dureté du monde qui l’entoure et de ce jeune Congolais qui s’aperçoit que les gens blancs et privilégiés peuvent également souffrir. Cette route qu’ils prennent ensemble en caravane représente métaphoriquement leur passage respectif à l’âge adulte. Le duo d’acteur réussit pleinement à faire ressortir la complexité de ce moment. L’amitié qui finit par les lier parait vraie et est touchante. Elle l’est d’autant plus qu’elle est contradiction avec les contextes xénophobes que les héros traversent.

Le voyage sur plusieurs pays et les nombreuses rencontrent sur la route donnent de l’énergie au film. Seulement, cette route est surtout celle des migrants irréguliers qui espèrent rejoindre l’Europe depuis l’Afrique subsaharienne. Et ces deux jeunes héros qui prennent des risques insensés pour retrouver un être cher et défiant toute autorité avec comme trame de fond les crises migratoires auraient pu nous offrir un grand film. Malheursement, le récit s’avère très conventionnel dans sa construction et ne prend aucun risque narratif et de réalisation. Et c’est là le défaut de ce film, il n’est pas à la hauteur de sa promesse.

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