Richard Bona : l’Afrique avec un soupçon jazzy

par / Aucun commentaire / 12 juillet 2016

La WANATeam vous emmène à la découverte d’un artiste dont le talent n’est plus à prouver. De par ses différentes influences culturelles et ses musiques aux sonorités afro-jazz et un mélange de musique du monde Richard Bona se place dans la lignée des artistes à l’esprit WANA.

Un parcours atypique de l’enfant prodige de Minta

Issu d’une famille où la musique tient une grande importance (grand-père griot et percussionniste, maman chanteuse), Richard Bona naît à Minta, au centre du Cameroun, en 1967. La musique vient à lui assez naturellement avec son premier instrument le balafon à 4 ans. Il passe son enfance à animer des fêtes et des cérémonies au Cameroun.

C’est à 22 ans, qu’il arrive sur le sol européen et qu’il  fréquente quelques temps le conservatoire de Düsseldorf en Allemagne. Puis il gagne Paris, suit de nouveaux cours de musique pour se familiariser avec le répertoire, mais une fois de plus, il fait trop souvent l’école buissonnière.

Richard Bona écume les boîtes de jazz, rejoint le fameux quintet d’Éric Le Lann et participe à une tournée en Afrique de l’Ouest et du Nord, qui fera l’objet d’un enregistrement. Parallèlement, Richard multiplie les apparitions auprès des plus grands musiciens installés dans la capitale : Jacques Higelin, Mario Canonge, Didier Lockwood, Manu Dibango, pour n’en citer qu’eux.

“Scenes of my life” le prodige prend son envol

Au fil de ses prestations unanimement appréciées par ses pairs, ce musicien hors-pair est ainsi remarqué par le saxophoniste Brandford Marsalis, qui décide de le faire signer chez Columbia Jazz. Richard Bona sort son premier album “Scenes of my life” en 1999, qui révèle un fin mélodiste, entre jazz, pop et musique africaine, et un conteur qui évoque sa foi en Jésus.

 

Révérence, retour aux sources traditionnelles.

Pour son deuxième album, “Révérence”, l’artiste camerounais collabore avec plusieurs artistes comme le guitariste Pat Metheny et le saxophoniste Michael Brecker.

Richard Bona plonge plus profondément dans ses racines et s’inspire des musiques traditionnelles. Il évoque les forêts qu’on détruit, les mariages forcés en Afrique, son enfance au Cameroun, le train qu’il prenait pour aller jouer au football En novembre 2001, il se produit au New Morning à Paris et, comme lors de tous ses concerts, commence avec une chanson dédiée à sa mère, aujourd’hui disparue.

Munia – The tale”

A la base cet album n’aurait dû être qu’instrumental, où l’artiste n’utiliserait pas sa voix. Mais à la demande de ses fans “Munia – The tale” son troisième album en 2003 est un album ou l’artiste y donne sa voix.

Pour cela, il change de maison de disques, refusant le concept de la précédente, qui lui suggérait «de reprendre Sting et de faire “I’m an african in New York”. Avec “Munia”, Richard chante toujours sa révolte, pour la défense des siens et des plus faibles, devant la cruauté du monde moderne. Salif Keita le rejoint sur un titre, “Kalabancoro, le rejet et l’oubli” et un instrumental, “Painting a wish” qui rend hommage à Miles Davis.

Le 7 mai 2004, le bassiste reçoit aux Victoires du jazz le prix du meilleur artiste international de l’année 2003 : une consécration pour celui qui fait désormais partie du cercle très fermé des musiciens africains internationalement reconnus.

En novembre 2005, Richard Bona sort un quatrième album en son nom, “Tiki”, qui signifie trésor en douala, un dialecte parlé dans certain endroit du Cameroun.

Il est allé l’enregistrer en partie au Brésil, non loin de Salvador de Bahia. D’où la présence du chanteur brésilien Djavan sur le titre “Manyaka O Brasil” et l’apparition de nombreuses sonorités brésiliennes sur d’autres morceaux. Fidèle à son goût du voyage et du métissage, Richard Bona invite également Susheela Raman à poser sa voix suave sur la chanson “Tiki”. Au final, les quatorze plages de l’album flirtent autant avec le jazz qu’avec la world. Le 19 décembre, l’artiste remplit l’Olympia à Paris.

L’année 2006, Richard Bona la passe entre aéroports et scènes du monde entier. En janvier, il est à New York, en février au Japon, en mars en Europe, en avril aux Antilles et en Côte d’Ivoire, en juin en Amérique du Sud (avec sept dates au Brésil), puis retour en Europe et aux Etats-Unis jusqu’à la fin de l’année d’où le surnom du bassiste globe-trotter

En février, “Tiki” est nominé aux Grammy Awards dans la catégorie “Meilleure musique world contemporaine”. Les tournées reprennent avec un rythme tout aussi dense : Japon en février, Indonésie en mars, Russie, Géorgie, Sibérie et Allemagne en avril puis les Etats-Unis en juin.

Ten shades of blues album le plus « world »

Le 19 octobre 2009, Richard Bona lance un nouvel album, alors même qu’il vient de passer toute l’année 2008 et toute l’année 2009 en tournée ininterrompue…  Intitulé “The Ten Shades of Blues”, ce projet embrasse dans une tonalité blues, toutes les formes musicales que le bassiste a croisées au fil de ses voyages : du Sahel au Brésil, en passant par l’Inde, les Etats-Unis, le Cameroun… Il a d’ailleurs invité en studio plusieurs musiciens rencontrés sur scène aux quatre coins du monde, tels Franck Mac Comb ou le flûtiste Bailo Baa, déjà présents sur de précédents albums. C’est un album qui vous fait voyager et vous fait découvrir les tonalités d’autres pays.

En 2012, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique dit la Sacem distingue Richard Bona en lui décernant le Grand Prix du jazz. A cette occasion, l’artiste se produit le 26 novembre au Casino de Paris.

Bonafied… L’acoustique avant tout

En avril 2013, Richard Bona offre un nouvel album, “Bonafied”, un album a part car il a été enregistré uniquement en acoustique un choix voulu par l’artiste, explique avoir voulu retrouver l’authenticité des instruments, à une époque où beaucoup de chanteurs à succès n’hésitent pas à se produire en playback.

Un acte de résistance face à l’imposture, en somme. Basse, guitare, balafon, percussions… D’un titre à l’autre, Bona le multi-instrumentiste accompagne son chant de rythmes jazz baignés d’influences latino ou africaines.

En même temps que sort l’album, Richard Bona poursuit ses collaborations artistiques. Il s’envole notamment pour Los Angeles afin d’enregistrer avec l’une de ses idoles, l’Américain Stevie Wonder, qui lui demande de participer à l’un de ses albums. Il travaille aussi en studio avec la chanteuse Lauryn Hill.

Richard Bona, l’esprit WANA

Richard Bona est vraiment un artiste touche à tout qui n’hésite pas à prendre des risques en mélangeant les cultures à s’inspirer de différents styles pour se créer le sien.

Pour ceux qui ne connaissent pas Richard Bona nous vous conseillons de découvrir et d’écouter un pur talent aux multiples facettes, un talent dont on n’entend pas assez parler au vu de ses interprétations et prestations de très haute qualité.

Il mériterait une meilleure visibilité dans le monde musical européen et au-delà de ça c’est un artiste engagé qui se bat pour ses convictions, un homme qui n’a pas peur de l’inconnu et qui est toujours à la recherche de nouveaux défis et d’horizons.

Richard Bona 2

Plus d’informations sur Richard Bona :

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire