Rétro : les plus grandes émotions africaines en Coupe du Monde !

par / Aucun commentaire / 7 juillet 2018

Les pays africains brillent – à notre grand désespoir – par leur absence dans cette Coupe du Monde 2018 dans les matchs à élimination directe. A l’occasion de ces quarts de finale du Mondial russe, la WANATeam vous propose un classement sur les plus grandes émotions du football africain dans la plus belle des compétitions ! Entre heureux souvenirs et terribles drames, revivez ces moments d’Histoire qui ont forgé la passion du football de tout un continent.

7. Algérie 2014 : ces Fennecs qui ont « failli battre l’Allemagne »

Crédit : Lebuteur.com

En 2014, les hommes de Vahid Halilhodzic abordent cette Coupe avec l’ambition de passer la phase de poules. Battue de justesse par la Belgique lors du premier match (2-1) malgré un jeu plutôt séduisant pour de nombreux observateurs, les Fennecs font sensation en battant largement la Corée du Sud (4-2) et se replacent dans la course à la qualification. Le match contre la Russie est une finale pour la 2e place qualificative et il suffit d’un match nul pour qualifier la bande des Feghouli, Halliche, Bougherra et consorts. Un match nul (1-1) obtenu grâce à Islam Slimani, bien aidé par le gardien russe Akinfeev. Les Algériens peuvent exulter : ils accèdent enfin à un 2e tour de Coupe du Monde !

Crédit : eurosport.fr

Ce 8e de finale face à la redoutable Mannschaft est entré définitivement dans la Légende. Rarement une équipe n’aura mis autant en difficulté les Allemands dans ce tournoi, obligeant Manuel Neuer à sortir loin de ses buts pour stopper les nombreuses attaques algériennes que la défense allemande n’arrive pas à contenir. Derrière, le gardien Rais M’Bolhi réalise le match de sa vie en effectuant de superbes arrêts et à la surprise générale le score est de 0-0 à la fin du temps réglementaire. Schurrle puis Ozil mettent fin au rêve algérien en prolongation bien que Djabou ne réduise l’écart en fin de partie (1-2). Ce match a permis de construire la réputation de Neuer dans le football mondial mais surtout l’Allemagne ne sera plus autant inquiétée dans sa route vers un 4e sacre malgré les supposés « gros morceaux » (France, Brésil, Argentine). Elle est là la fierté du peuple algérien !

6. Maroc 1998 : la bande à Hadji reste aux portes des 8es de finale

Crédit : goal.com

Pour sa 4e participation à une Coupe du Monde, le Maroc, emmené par une très belle génération de joueurs (Naybet, Hadji, Bassir) jouant pour le Deportivo La Corogne en Liga espagnole, aborde ce Mondial français avec la ferme intention de jouer le rôle du trouble-fête dans ce groupe A où figurent le champion du monde en titre brésilien, l’Ecosse et la Norvège. Un groupe qui semble ouvert derrière les intouchables Brésiliens. A Montpellier, les Lions de l’Atlas montrent un superbe visage face à la Norvège et mènent deux fois au score dans la rencontre notamment grâce à un superbe but de Hadji. Mais ils se font rejoindre également à deux reprises pour finir sur un match nul (2-2).

Crédit : goal.com

On pourra reprocher aux Marocains leur attitude face à la Seleçao du « Fenomeno » Ronaldo, où ils ont paru assez rapidement résignés à perdre cette rencontre et le score vient sévèrement rappeler ce constat (0-3). Les hommes d’Henri Michel s’imposeront largement face à l’Ecosse à Saint-Etienne (3-0) mais restent dépendants du résultat de Brésil-Norvège qui se joue dans le même temps à Marseille. On pense que le Brésil va disposer de la Norvège et va qualifier le Maroc… mais la Norvège s’impose 2-1 grâce à un penalty qui fera beaucoup jaser à l’instant T mais valable. Les Marocains n’ont que leurs yeux pour pleurer et quittent prématurément ce Mondial, en laissant malgré tout une bonne impression technique et collective.

Crédit : H24info.ma

5. Nigéria 1994 : L’éveil d’une génération en or

Crédit : mondial2014.mondoblog.org

Le Nigéria est le nouveau champion d’Afrique 1994 quand il pose le pied sur le sol américain pour cette World Cup inédite. Il est également un parfait inconnu puisqu’il s’agit de sa première participation à un Mondial. L’effet de surprise sera terrible ! Pour ce premier match en Coupe du Monde contre la Bulgarie, les Super Eagles vont écraser la Bulgarie, bourreau de la France en éliminatoires et future demi-finaliste de la compétition, trois à zéro dans une rencontre quasiment à sens unique. On se souviendra de la célébration mythique du regretté Rashidi Yekini, une des images fortes de ce Mondial américain. Rufai, Okocha, Ikpeba, Siasia, Keshi, George, Ammunike, Amokachi, Yekini, Oliseh… Le monde tombe sous le charme de cette équipe à la fois puissante, agile et technique : voici les Brésiliens d’Afrique ! Les Argentins arrivent à se sortir difficilement du guêpier nigérian grâce à un doublé de Caniggia venant répondre à l’ouverture du score de Siasia (1-2), les Super Eagles seront d’ailleurs les derniers adversaires du mythique Diego Maradona en sélection. Une victoire contre la Grèce (2-0) propulse le Nigéria au prochain tour.

C’est une rencontre incroyable entre l’Italie et le Nigéria qui nous est offerte. Le Nigéria ouvre le score et croit tenir une qualification pour les quarts de finale. Mais c’est en toute fin de match que Roberto Baggio, transparent lors du premier tour, se réveille et montre qu’il est le meilleur joueur du monde de l’époque. Il envoie les deux équipes en prolongation puis crucifie les Super Eagles à la 102e minute pour une qualification inespérée au vu du match. Le Nigéria a placé son nom sur la carte du football mondial pour ne plus la quitter par la suite et reviendra deux ans plus tard aux Jeux Olympiques d’Atlanta pour obtenir la première médaille d’or africaine de l’Histoire dans la compétition de football.

4. Algérie 1982 : Ils ont battu l’Allemagne… pour rien.

Crédit : http://algeriasong.over-blog.com

Un grand pays de football comme l’Algérie a du attendre jusqu’en 1982 pour participer à une Coupe du Monde ! Pour cette première en terre ibérique, les Algériens n’ont pas hérité d’un groupe facile avec l’Allemagne, l’Autriche et le Chili. Mais les Fennecs conduits par les Madjer, Belloumi et surtout Salah Assad vont enthousiasmer le monde du football. Et cela commence par un choc monumental à Gijon, où l’Algérie s’impose 2-1 face à la grande Allemagne du double Ballon d’Or en titre Karl-Heinz Rummenigge. Le retentissement est tel que l’on se prend à rêver que l’Algérie passe ce plafond de verre du premier tour que les pays africains n’arrivent pas à éclater depuis 1974.

Credit : pinterest.fr

Une défaite face à l’Autriche (0-2) douche les ardeurs algériennes mais lors du 3e match Salah Assad rêvet ses plus beaux habits de lumière pour conduire l’Algérie vers une large victoire face au Chili. Il signe un doublé et Benssaoula marque un 3e but au bout de 35 minutes et à la mi-temps, il y a 3-0 pour les Fennecs. Mais par la suite les Chiliens sauvent l’honneur (3-2) et quelques heures plus tard Allemands et Autrichiens s’aperçoivent qu’une victoire 1-0 qualifierait les deux équipes. Et c’est ce qui se produit comme par hasard. Pour éviter que ce genre de problème ne puisse se renouveler, la FIFA décide qu’à l’avenir, les deux derniers matchs de chaque groupe auront lieu en même temps. Ce match Autriche-RFA sera plus tard surnommé « le match de la honte », brisant le cœur de nombreux amoureux du beau jeu et fauchant cette génération d’artistes.

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3. Sénégal 2002 : La très belle surprise des Lions de la Teranga

Crédit : bonjourdakar.com

Qui aurait pensé que les Lions de la Teranga allaient manger le coq français ! Les champions du monde en titre font leur entrée dans ce Mondial 2002 face au Petit Poucet de ce Mondial, le Sénégal de Bruno Metsu, finaliste de la CAN 2002 au Mali. Pour sa première participation à une Coupe du Monde, les « Gaindé » (lions en peul) sont sans complexes et montrent d’entrée leurs ambitions dès le match d’ouverture face aux Bleus et Papa Bouba Diop ouvre le score (sur un superbe service de Diouf mystifiant Leboeuf à l’occasion) à la surprise générale. Les Sénégalais ont même des possibilités d’alourdir le score en seconde période mais on assiste surtout à un festival de maladresse de l’Equipe de France qui touche à maintes reprises les montants. La bande à Diouf, Fadiga, Aliou Cissé l’emporte (1-0) mettant le Sénégal en furie -le jour du 31 mai sera déclaré comme férié au Sénégal – et se prend à rêver d’un superbe parcours en Corée du Sud/Japon.

L’effet de surprise passé, les Sénégalais font face à deux équipes coriaces : le Danemark et l’Uruguay. Les matchs sont tendus et les Africains brillent par leur jeu technique mais surtout par leur force de caractère et leur audace. Ils partageront les points face aux Danois (1-1) et également contre la Celeste (3-3) où ils ont mené 3-0 à la mi-temps ! Les Lions se qualifient pour les 8es de finale et affrontent la Suède d’Henrik Larsson. C’est ce dernier qui ouvre le score avant que le Sedanais Henri Camara n’égalise. Le premier but en or de ce Mondial asiatique sera signé de nouveau par Henri Camara qui envoie son pays et toute l’Afrique en quarts de finale. Le match contre la Turquie sera dur, âpre et serré mais on sent que les Sénégalais sont émoussés physiquement, ils finiront par céder en prolongation sur le but en or d’Ilhan Mansiz. Les rêves de victoire sénégalaise se sont envolés mais le souvenir de cette équipe reste impérissable dans nos mémoires.

Crédit senego.com

2. Ghana 2010 : Une main qui change tout…

Crédit : goal.com

Forts d’une première participation réussie quatre ans plus tôt en Allemagne (sortis par le Brésil en 8es de finale), les Black Stars veulent faire au moins aussi bien en Afrique du Sud. Dans un groupe ouvert mais serré avec l’Allemagne, l’Australie et la Serbie, le Ghana va jouer sa chance à fond. Face à la Serbie, c’est Asamoah Gyan qui libère les siens sur penalty (1-0) de la meilleure des manières ce parcours. On s’attend à ce que les coéquipiers de John Mensah valident leur ticket pour le prochain tour face à l’Australie mais ils sont contraints à partager les points grâce à un autre penalty marqué par Gyan (1-1). La défaite contre l’Allemagne (0-1) n’y changera rien : le Ghana est qualifié à la différence de buts. Le match contre les Etats-Unis en huitièmes de finales sera mémorable. En effet, Stephen Appiah et sa bande sont les derniers représentants africains dans la compétition, c’est toute l’Afrique qui pousse derrière cette équipe et qui souhaite la voir aller le plus loin possible. Kevin-Prince Boateng ouvre le score en début de rencontre et le Ghana domine les débats en première période. Les Américains réagissent en seconde période et égalisent sur penalty par Donovan. Les deux équipes vont en prolongations avant que Gyan, héros de ce Mondial, n’offre la qualification à la 93e minute (2-1). Une qualification pour les quarts de finale face à un adversaire coriace se profile : l’Uruguay.

Un vrai match de Coupe du Monde. Deux équipes, deux conceptions du jeu opposées, deux cultures du football radicalement différentes pour une place en demi-finale. L’Histoire va nous offrir l’un des matchs les plus haletants de cette compétition. Sulley Ali Muntari ouvre le score d’une frappe soudaine avant que Diego Forlan n’égalise à la mi-temps sur un magnifique coup franc. Ghanéens et Uruguayens sont au coude à coude et rendent coup pour coup dans ce match, tout au long des 120 minutes… Il reste un corner à tirer, les Ghanéens prennent le dessus sur les Uruguayens dans les airs, Adiyiah smashe le ballon de la tête dans un second temps et c’est le but qui se profile… et non ! Des deux mains, Luis Suarez repousse le ballon, reçoit logiquement un rouge et concède un penalty. Gyan s’élance pour marquer et envoyer tout un continent en demi-finale… Échec !  On ira donc aux tirs au but pour voir la Celeste s’imposer finalement.

C’est peut être le parcours le plus beau et le plus dramatique de ces épopées africaines en Coupe du Monde. Ce souvenir, ce match et cette équipe resteront à jamais dans l’Histoire de cette compétition, beaucoup d’observateurs affirmeront même que ce Ghana-Uruguay a été le plus beau match de ce Mondial. On aurait signé pour un match soporifique mais avec un vainqueur différent…

Crédit : REUTERS/Alessandro Bianchi via afriquefoot.rfi.fr

1. Cameroun 1990 : la fabuleuse épopée italienne des Lions Indomptables

Crédit : thesefootballtimes.co

Le parcours le plus marquant pour notre équipe, le plus joyeux et le plus rafraîchissant ! Dans un groupe où figurent l’Argentine championne du monde en titre, l’URSS finaliste du dernier Euro 1988 et la Roumanie, on ne donne pas cher de la peau de la formation du Soviétique Valeri Nepomniachi, et ce, malgré un Cameroun pourtant vainqueur de la CAN 1988 – mais avec Claude Le Roy. Quand le tirage au sort prévoit le match d’ouverture du Mondiale 1990 à Milan face à l’Argentine de Diego Maradona, le monde entier n’est pas prêt pour ce qui sera la plus grande surprise de la compétition. En effet, bien que réduits à 9, les Lions Indomptables vont s’imposer (1-0) grâce un but d’Omam-Biyik bien aidé par Pumpido le gardien argentin. Le public italien se prend d’affection pour cette sélection africaine sans complexes menée par les Nkono, Tataw, Makanaky, Mfédé, Omam-Biyik et le vétéran sorti de sa retraite Roger Milla.

Ce dernier ne va pas tarder à montrer qu’il dispose de beaux restes. Contre la Roumanie, il inscrit les deux buts de la victoire (2-1) qui envoie les Camerounais au prochain tour, une première pour un pays d’Afrique subsaharienne. Les Lions finissent même premiers du groupe bien qu’ils subissent une sévère défaite face aux Soviétiques (0-4). Le 8e de finale sera indescriptible pour les spectateurs du stade San Paolo de Naples. Un match au bout de l’ennui dans les 90 premières minutes puis des prolongations exceptionnelles où Roger Milla fait oublier ses 38 ans en inscrivant un fabuleux doublé (2-1) dont un but qui restera dans les mémoires, lorsqu’il chipe le ballon des pieds du fantasque René Higuita. Le makossa qu’il dansera derrière figure aujourd’hui dans le panthéon des célébrations de football et le Cameroun file vers les quarts de finale, une première pour le football africain.

Crédit : lauradavemedia.com

Face à l’Angleterre de Lineker, Gascoigne et Waddle, l’opposition de style fait ressortir tout le charme de la Coupe du Monde. Le scénario du match ainsi que la qualité de jeu déployée durant 120 minutes font de cette rencontre l’une des plus belles de ce tournoi. Les Anglais ouvrent le score par Platt et mènent logiquement à la mi-temps. Les Lions Indomptables ne comptent pas se laisser apprivoiser en seconde période et réagissent par le biais du capitaine Kundé sur penalty et va même prendre l’avantage grâce à Ekéké !!! On se prend à rêver d’une demi-finale mais les Anglais grâce à Lineker égalisent en fin de match sur penalty puis en prolongations… sur un autre penalty (2-3).

Fin de parcours pour les Camerounais mais le début d’une Légende qui ne se démentira pas par la suite. Ils resteront à jamais des pionniers pour plusieurs générations de joueurs africains rêvant de porter haut les couleurs de leur pays et du continent. Espérons qu’en 2022, ces espoirs redeviendront réalité contrairement à ce Mondial russe où les Africains ont (énormément) déçu.

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