Interview Philypa Phoenix : « Continuer à m’épanouir et optimiser mon art »

par / 1 commentaire / 8 juin 2018

WANA vous propose l’entretien exclusif de l’actrice et modèle Philypa Phoenix, ancienne membre du groupe « Les Déesses ». Elle revient dans cet entretien sur sa vie d’artiste, son passé dans la chanson, son rapport avec le continent africain et bien d’autres choses encore… Confessions en mode cool ! 😀

WANACorp : Vous avez réussi votre reconversion dans la comédie ! On dirait que cette voie semblait naturelle pour vous…

Philypa Phoenix : (Sourire) Naturelle je ne sais pas mais il est vrai que lorsque j’étais enfant je me rappelle que j’adorais imiter les adultes qui m’entouraient, me déguiser et faire rire mon entourage. A l’âge de 8 ans ma maman m’a inscrite dans une compagnie de théâtre musical car paradoxalement j’étais une enfant très réservée. Du coup, assez tôt j’ai été sur scène pour jouer et chanter.

W : Selon vous, quelles sont pour vous les différences entre l’interprétation musicale et cinématographique ?

Philypa Phoenix : Chanter c’est être à nu, jouer la comédie aussi mais pouvoir avoir comme prétexte d’être quelqu’un d’autre… Bien que certains chanteurs, chanteuses peuvent aussi se créer tout un personnage, un alias.

W : Pouvez-vous nous parler du film que tournez avec Fabrice Luchini ?

Philypa Phoenix en compagnie du maestro Fabrice Luchini !

Philypa Phoenix : Le film s’appelle « Le Mystère Henri Pick », une adaptation du roman de David Foenkinos réalisée par Rémi Bezançon avec également aux casting Alice Isaaz, Camille Cottin et Bastien Bouillon. J’y interprète le personnage de Wendy Bellamy, une chroniqueuse littéraire aux côtés du critique littéraire Jean-Michel Rouche interprété par Fabrice Luchini. Mon personnage parle très peu dans le film mais ce fut une expérience vraiment très riche que de pouvoir apprendre aux côtés d’un artiste que j’affectionne particulièrement et qui de surcroît a été d’une bienveillance assez touchante à mon égard. Le tournage s’est terminé à la fin du mois d’avril et sortira en mars 2019 !

« Le mystère Henri Pick » de David Foenkinos, le roman qui a inspiré le film

W : Musicalement, toutes ces années vous nous avez manqué… Avez-vous changé ? 😀 Etes-vous toujours une chanteuse dans l’âme ?

Philypa Phoenix : (rires) Pour être sincère je ne pense pas avoir été un jour une « chanteuse dans l’âme ». Au contraire, lorsque j’étais enfant je n’osais pas chanter, même à l’école. Je n’aimais pas ma voix. Ma maman a une voix puissante, lyrique, et moi j’ai longtemps considéré que j’avais une petite voix, douce. Mais j’ai toujours été passionnée par la musique car mon grand-père était multi-instrumentiste et jouait souvent du saxo, du violon ou encore de l’accordéon diatonique aux fêtes de famille. À la maison maman s’accompagnait très souvent de musique pour effectuer n’importe quelle tâche, en passant de Sade à Serge Gainsbourg. Elle m’a aussi souvent conté que c’est un peu grâce à la musique qu’elle a rencontré mon père, un soir dans un club où il dansait sur et « comme Michael Jackson ! ». Elle a littéralement craqué pour lui à ce moment là.

Mon envie de chanter s’est vraiment exprimée vers l’âge de 15 ans lorsque j’ai intégré un collectif composé de chanteurs et de rappeurs à Rennes, ma ville natale. À l’âge de 18 ans je suis partie à Paris pour concrétiser mon rêve. J’ai rapidement signé en maison de disque avec le groupe les Déesses. L’aventure a duré deux ans avec des moments de partage vraiment exceptionnels mais aussi la découverte de la face B, l’envers du décor lorsque la musique fonctionne bien mais que vous êtes mal entourée… Après ça je n’ai plus été capable de chanter pendant deux longues années et puis un jour j’ai finalement repris les routes de France mais dans un autre cadre. Je faisais des reprises dans des bars et des discothèques au sein d’un collectif d’artistes multiples. Peut-être qu’un jour j’y reviendrais vraiment, à la musique, mais pour moi c’est un peu comme un premier amour… Et la grande question est: Peut-on un jour se remettre avec son premier amour ?

W: Gardez-vous des liens avec les autres Déesses, notamment avec Lylah qui s’est tournée vers des rythmes plus « afro » ?

Philypa Phoenix : Cela fait des années que nous ne nous sommes pas vues mais nous avons gardé un bon rapport toutes les trois. Quelques messages de soutien sont envoyés ici et là ou lors d’anniversaires ou encore de passages à la nouvelle année. Il n’y a pas de rancune entre nous.

Les Déesses, le bon vieux temps…

W : Sur vos stories vous êtes toujours radieuse. Quel votre secret pour rester de bonne humeur ?

Philypa Phoenix : (Rires) Merci ! Je suis de nature très positive. J’ai compris très jeune qu’être heureux, heureuse est un choix. Que personne ne peut construire notre bonheur à notre place même si évidemment les gens qu’on aime y contribuent. Je suis une personne passionnée et j’adore découvrir d’autres pays, rencontrer de nouvelles personnes. Je crois que mon secret c’est de me dire qu’il y a toujours quelque chose à apprendre et surtout de relativiser… D’être consciente que nous ne sommes que de passage dans ce « grand théâtre » qu’est la vie alors autant lui sourire le plus souvent possible 🙂

W : Quel « le truc » à découvrir en Afrique ? (Si vous avez un coup de cœur à conseiller)

Philypa Phoenix : En Afrique, wow ! Mais c’est hyper vaste… Je dirai que ce que le monde occidental a à découvrir de l’Afrique, c’est sa joie de vivre et la capacité de résilience de celles et ceux qui la peuplent. Sans ça je dirai… Un bon n’dolé-crevettes ! (rires)

W : Quelle est votre définition de la Nouvelle Afrique ?

Philypa Phoenix : La nouvelle Afrique pour moi ce sont ces nouvelles générations de femmes et d’hommes agissant au sein de différents domaines tels que l’artistique, l’activisme politique, technologique et bien d’autres qui décident sciemment de rester sur leur terre natale, pour ceux qui ont encore la possibilité d’y rester, afin d’y faire évoluer les choses, certaines mentalités mais aussi pour se raconter eux-mêmes. Celles et ceux qui refusent la vision misérabiliste du continent telle qu’elle est souvent dépeinte par les médias. Mais d’autre part ce sont aussi les actions extérieures de la diaspora qui convergent dans la même direction à savoir : l’émancipation de l’Afrique. C’est un vivier très riche. Je suis pas mal d’entre eux provenant de pays différents et je crois, j’espère, que ça annonce un vrai renouveau pour les décennies à venir… Surtout quand l’heure des vieux dirigeants sera venue de céder leurs trônes…

W : Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre carrière ?

Philypa Phoenix : De continuer à m’épanouir et d’optimiser mon art. De continuer à vivre de ma passion, de continuer à rencontrer des êtres intéressants et peut-être aussi un jour de voyager outre Atlantique pour tourner dans d’autres beaux projets … Monsieur Spike Lee si vous nous lisez ! (rires)

Extrait du clip « I Feel So bad » de Kungs, avec Philypa Phoenix

W : Un dernier mot pour nos lecteurs et vos fans ?

Philypa Phoenix : Merci d’avoir pris le temps de nous lire déjà et hâte de vous faire découvrir en 2019 les trois séries pour lesquelles je tourne en ce moment… (sourire) Peu importe le défi que vous vous êtes lancé, croyez en vous, écoutez votre petite voix intérieure. Les choix du cœur ne sont pas forcément les plus simples… Mais à l’issue je crois qu’ils nous permettent de nous rencontrer et d’être chaque jour un peu plus serein avec nous-même et par conséquent aussi avec les autres. Love !

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Retrouvez ci-contre le lien de la version anglaise de l’interview !

One Comment

  1. Un bel entretient , on apprend beaucoup sur l’artiste qui va compter dans les années à venir !!merci !!

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