Omo Bello, la soprano venue du Nigéria !

par / Aucun commentaire / 20 janvier 2016

Nominée l’an dernier aux Victoires de la Musique Classique dans la catégorie “Révélation lyrique”, la soprano de 29 ans originaire du Nigeria, Omo Bello, a étudié la musique en France après avoir quitté son Lagos natal. Elle qui n’avait jamais pris de cours de technique vocale avant d’arriver en France, n’aurait jamais pensé devenir un jour cantatrice. 

Omo Bello : un destin tracé !

Avec un père architecte et une mère avocate, notre soprano est issue de la classe moyenne haute du Nigeria. Elle était alors destinée à un métier beaucoup moins artistique. D’où son master en biologie cellulaire et génétique. Toutefois, bien que ses études soient une réussite, sa véritable raison de vivre reste le chant. Elle décide alors de tout quitter pour venir vivre sa passion en France.

Omo Bello a le chant dans l’âme depuis sa plus tendre enfance, elle chantonne les comédies musicales préférées de sa mère. Ses parents, ses amis, ses voisins étaient les tout premiers témoins des « débuts » d’Omo qui avoue avoir « embêté tout le monde en chantant constamment ». Ensuite, adolescente, c’est à l’église qu’Omo se révèle vraiment. « Un choc » dit-elle, le chant choral est une révélation, elle découvre les chants classiques et devient petit à petit la principale soliste des chœurs dans Le Messie d’Haendel ou dans La Création de Haydn. Enfin, jeune adulte, elle découvre les ténors Placido Domingo et Luciano Pavarotti et devient de plus en plus passionnée. En même temps qu’elle étudiait à l’université, elle s’inscrit à la « Musical Society of Nigeria », une petite école dans laquelle elle se fera remarquer.

Le passage en France d’Omo Bello !

En 2004, lors d’une visite de l’attaché culturel de l’Ambassade de France à son école de musique, un concert est organisé en l’honneur du diplomate Jean-Yves Gillon. Omo Bello entonne alors un air d’Haendel et le diplomate français est ému aux larmes. Fasciné, ce dernier convainc la jeune nigériane de passer des auditions dans le but de lui faire attribuer une bourse pour aller étudier la musique en France. Le diplomate n’est définitivement pas le seul à être ébloui par la ravissante voix de la chanteuse puisque elle est acceptée par le Conservatoire de Toulouse. Avant, il fallait tout de même convaincre John Bello, le père de la soprano, qui s’avouait inquiet à l’idée de voir sa fille partir en Europe pour entamer une carrière artistique. Mais il savait une chose, sa fille était très têtue et que rien ne lui ferait changer d’avis : « Elle est très déterminée. Et puis, je ne sais pas si ça lui vient de sa mère ou de moi, mais quand elle a décidé de faire quelque chose, il est inutile d’essayer de la convaincre d’y renoncer ». Omo se résigne à quitter son pays et sa famille pour vivre son rêve. Elle travaille dur pour apprendre le français mais surtout la technique vocale et le solfège, et finit par atteindre le Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris.

Omo Bello mène un brillant début de carrière, elle s’est présentée à plusieurs concours. Elle en remporta quelques-uns, notamment le concours Luciano Pavarotti Giovani, le concours Anselmo Colzani et le concours de Paris. Elle interpréta de grands classiques, elle fut Barbarina des Noces de Figaro à l’Opéra de Montpellier en juin 2012, Juliette de Roméo et Juliette en version concert à Nantes, Jeanne de La Vivandière de Godard au Festival de Montpellier, Donna Anna de Don Giovanni à Tours et Reims et Elvira de L’Italienne à Alger au Théâtre des Champs-Elysées. Sa carrière est gérée par Thérèse Cédelle, l’impresario de la célèbre Nathalie Dessay, qui lui prédit un brillant avenir et une carrière internationale.

Omo Bello : une artiste WANA !

Elle s’est vue accorder la nationalité française il y a peu mais n’oublie pas pour autant son pays natal. Elle utilise sa chaleur africaine pour amener un plus à ses prestations et rêve de voir se construire un conservatoire au Nigeria : « La musique classique et l’opéra ne sont peut-être pas très répandus au Nigeria, dit-elle. Mais ce n’est pas faute de trouver des amateurs. Jai chanté pour des concerts à Abuja entre 2007 et 2011, et la salle était debout à applaudir à tout rompre. La musique classique, comme les autres, est un langage qui parle à tout le monde ». Omo Bello est le genre d’artiste WANA qui font se rencontrer des mondes différents et des styles opposés pour offrir un résultat exceptionnel. L’opéra n’est pas le style musical que l’on assimile en premier à l’Afrique, pourtant des artistes et des fans existent bel et bien. La musique classique a largement le droit d’avoir sa place sur le continent africain, Omo Bello le pense, nous aussi.

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