Mondiaux d’athlétisme Londres 2017 : sélection WANA des temps forts !

par / Aucun commentaire / 16 août 2017

Notre équipe ne pouvait pas refermer la page Athlétisme sans vous en faire un compte-rendu de ce que nous avons retenu des championnats du monde d’athlétisme à Londres du 4 au 13 août. Nous vous proposons un bilan WANA de ces Mondiaux d’athlétisme qui a donné du (très) bon comme du mauvais, l’occasion de revenir sur les performances des athlètes africains mais aussi sur toutes les stars de l’athlétisme mondial.

Les héros de 2012 étaient fatigués en 2017

Etre sacré à Londres aux JO 2012 n’a pas énormément porté chance aux champions présents cette année à ces Mondiaux d’athlétisme. L’exemple le plus criant a été celui de Usain Bolt, battu à la régulière pour la première fois sur l’épreuve reine du 100m en grands championnats par les Américains Gatlin et Coleman et sorti sur blessure à l’issue du relais 4x100m. L’Allemand Robert Harting, éliminé dès les séries du lancer du disque ; du Français Renaud Lavillenie, seulement médaillé de bronze à la perche, l’Américain miraculé Aries Merritt a terminé 5e (mais a subi une greffe du rein en 2015) ; en plus de l’absence sur blessure du Grenadien Kirani James sur le 400m, du Kenyan David Rudisha sur 800m : tous ces mémorables champions olympiques ont mordu la poussière cette année. Mais le (semi) échec de ces championnats qui a fait tant de mal au public britannique est l’ultime défaite du chouchou du public Sir Mohammed dit « Mo » Farah, battu sur le 5000m alors qu’il était invaincu sur les épreuves de demi-fond depuis 6 ans !

Une médaille d’argent amère pour celui qui souhaitait être la vedette de SES derniers championnats avant ses adieux à la piste le moins prochain. Pas de nouveau doublé 5000m-10000m pour « Big Mo » mais il pourra se consoler avec la médaille d’or obtenue sur le 10000m le premier jour de ces Mondiaux d’athlétisme.

Ta Lou y était presque…

L’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou a été la bouffée d’air frais pour un sprint africain à la recherche de légendes à célébrer depuis le Namibien Frankie Fredericks ou le médaillé d’argent olympique (à Athènes en 2004) lusitano-nigérian Francis Obikelu. Chez les Ivoiriens, Murielle Ahouré avait forte impression à Moscou en 2013 avec deux médailles d’argent sur 100 et 200m et la sprinteuse comptait bien devenir la première Africaine à gagner une épreuve de sprint dans un grand championnat. Sa 4e place sur le 100m (10.98) lui laissera bien des regrets… mais sa compatriote Ta Lou a pris le relais avec brio en glanant elle aussi deux médailles d’argent sur 100 et 200m. Après deux médailles en chocolat à Rio en 2016, la jeune femme de 29 ans n’est plus très loin de la 1ere place, en atteste sa défaite sur un fil face à Tori Bowie sur 100m alors qu’on pensait que la victoire lui était acquise. Le sprint féminin connaissait Ahouré, aujourd’hui le grand public connait aussi Ta Lou !

Aucun.e roi/reine sur ces championnats et pas de (grosses) performances 

Farah, Ayana, Bolt, Semenya, Felix, Van Niekerk, Schippers, Ta Lou : ils aspiraient tous à l’emporter sur deux voire trois disciplines pour ces Mondiaux d’athlétisme et ils se sont tous cassés les dents au moins une fois sur plus forts qu’eux. Aucun d’entre eux n’a survolé les débats dans ces championnats pour ressortir de manière incontestée au moment du bilan. L’Éthiopienne Ayana et le Britannique Farah ont dominé le demi-fond en glanant deux médailles dont une en or sur le 10000m mais ils se sont fait battre à la surprise générale sur le 5000m ; Van Niekerk aurait pu réaliser un doublé 200-400m mais le Turque Gulyev l’a battu sur le 200m. Ces championnats ont couronné plusieurs vedettes de l’athlé mais avec l’absence de Bolt sur la plus haute marche du podium, Londres 2017 n’aura pas connu de superstar.

C’est la grande déception de ces championnats : la piste rapide de Londres, si prolifique il y a 5 ans pour les Jeux Olympiques, n’a pas connu cette année de performances notables. Pire, les chronos et les marques avec lesquels les courses et les concours ont été remportés n’ont impressionné personne. Le controversé Justin Gatlin a reçu les (injustes) sifflets du public suite à sa victoire sur le 100m, son temps pour l’emporter (9.92) est l’un des chronos les plus lents des championnats du monde depuis plus de 25 ans. Seuls les 10.07 de Kim Collins à Paris en 2003 ont été moins rapides. Le seul record du monde battu est à mettre à l’actif du 50km marche féminin, toute nouvelle épreuve ouverte aux femmes pour ces Mondiaux. C’est dire.

L’affaire Makwala : Van Nierkerk, star favorisée ou victime collatérale ?

Les larmes du Sud-Africain Wayde Van Niekerk au micro de la BBC après sa finale du 200m ont fait beaucoup de peine à voir. Il faut dire que la nouvelle star de l’athlétisme après Bolt, c’est lui. Le champion du monde et olympique en titre, détenteur du record du monde sur 400m rêvait d’un doublé identique à celui de Michael Johnson en 1999 en doublant 200 et 400m. Son adversaire principal, le Botswanais Isaac Makwala lui promettait la vie dure sur ces deux épreuves. Et puis il y a eu cette polémique où Makwala, »malade », n’a pas pu participer à la finale du 400m (facilement remporté par Van Niekerk) et aux séries du 200m… alors que le Botswanais se sentait capable de courir et s’est estimé mis injustement en quarantaine pour favoriser les succès du Sud-Africain.

Le scandale a tellement fait jaser que Makwala a pu participer dans des conditions particulières aux 200m mais a terminé 5e de cette finale, sans doute épuisé par toutes les mésaventures subies. Les larmes de Van Nierkerk sont amères et expriment un malaise concernant « le manque de respect » que l’on a eu à son égard, sous entendant que l’on voulait faire perdre Makwala pour faire gagner le chouchou des médias. Les performances du Sud-Africain depuis maintenant deux ans face à une adversité plus coriace à Pékin puis Londres ont été suffisamment significatives pour que Van Niekerk puisse être légitime à la 1ere place, face à Makwala ou non.

Manyonga, Semenya : les autres satisfactions sud-africaines

C’est la belle histoire de ces championnats : le retour en grâce de Luvo Manyonga, sacré champion du monde du saut en longueur (8m48), après avoir connu quatre saisons blanches entre 2012 et 2015 suite à un contrôle positif à une drogue récréative de laquelle il était dépendant. Fait inédit, il devient champion du monde avec la présence de son compatriote Rutal Samaai médaillé de bronze avec une planche de 8m32. Le saut africain connait donc son premier champion du monde !

Elle était médaillée d’argent à Londres en 2012, avant de récupérer l’or suite au dopage avéré de la Russe Mariya Safinova : la capitale anglaise a de nouveau réussi à Caster Semenya ! La désormais double championne olympique en titre s’est imposée sur sa distance fétiche du 800m dans un remake de la finale de Rio avec la Burundaise Francine Niyonsaba et Ayee Wilson. Une erreur de placement dans la finale du 1500m aurait pu faire d’elle la reine de ces Mondiaux d’athlétisme mais sa 2e place augure un avenir plus que prometteur sur le demi-fond. Caster est définitivement de retour aux affaires !

Le rayon de soleil de ces Mondiaux : la mascotte Hero

Jamais une mascotte n’a été aussi fun dans une compétition sportive. Hero le Hérisson a fait fort durant ces championnats, volant à de nombreuses reprises la vedette aux athlètes qui n’ont pas forcément donné du rêve au public et aux spectateurs durant ces 10 jours. Aussi déjanté qu’imprévisible, jouant avec le public, la presse, les officiels et même la relève de la garde, Hero aura apporté de la bonne humeur, tant ses bêtises auront amusé la galerie. Petit best-of.

Nous sommes tombés par hasard sur une vidéo qui est une séquence non médiatisée à hurler de rire ! Le jeu absurde entre la mascotte et l’officiel est digne d’un épisode de Benny Hill. Était-ce mis en scène pour égayer le public ? En tout cas, c’est tout simplement MY-THI-QUE !

Bonus : Bolt, l’ultime tour d’honneur pour la postérité. 

Comment ne pas finir avec le plus grand sprinter de l’Histoire du Sport ? Une fin déchirante pour celui qui au cours de ces 10 dernières années a été le centre de l’actualité de nos étés. Peu importe le sort qui lui a été réservé lors de ces Mondiaux d’athlétisme, sa trace dans la Légende sera éternelle. Et cela bien au-delà du sport. L’Américain Michael Johnson, qui a vu son record battu sur le 200m par Bolt, exprime le mieux le sentiment de tous (en anglais).

Merci La Foudre, entre ici Usain Bolt !

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