Magatte Wade, de l’American à l’African Dream !

par / Aucun commentaire / 19 décembre 2016

Dynamique et ambitieuse chef d’entreprise, Magatte Wade est l’un de ces nouveaux visages de l’Afrique en marche. Depuis l’Amérique, elle n’oublie pas ses racines : la Sénégalaise a fait de son continent d’origine sa principale source de motivation et de réussite !

Magatte Wade, entre Dakar, Paris et San Francisco !

Africaine, Européenne et Américaine, Magatte Wade s’est construite sur trois continents, trois pays, trois villes. Elle est une Africaine pure souche née au Sénégal à Dakar. Ses parents migrent en Europe lorsqu’elle a huit ans, d’abord en Allemagne, puis en France, avant d’entreprendre son rêve américain et de s’installer à San Francisco. Au Sénégal, elle passe les premières années de sa vie aux côtés de sa grand-mère  et façonne déjà son leadership et son charisme auprès des enfants de son quartier. En France, Magatte Wade a fréquenté le lycée Marceau et a étudié en école de commerce. Elle a surtout appris à aimer la culture et la société françaises. Aux Etats-Unis, elle a gravi les échelons et apprend notamment en côtoyant les premières start-ups de la Silicon Valley à San Francisco.

Grâce au Sénégal, à la France et aux Etats-Unis, Magatte Wade s’est forgé une personnalité à part. Elle puise son inspiration de ces trois cultures, ce qui explique son état d’esprit. Du Sénégal, elle dit avoir appris « l’amour, la paix et la tolérance ». Son pays de naissance lui a également inculqué les principes du soufisme, autrement dit la profondeur spirituelle, la chaleur humaine et la sagesse. De la culture française, elle dit avoir « apprécié les expériences esthétiques », qui ont aiguisé ses goûts en terme de mode et de cosmétique. Enfin, aux Etats-Unis, elle dit avoir trouvé « une culture américaine optimiste, ouverte et accueillante ». Sans son départ pour le pays des opportunités, elle n’aurait sans doute jamais entrepris.

Magatte Wade : D’Adina World Beat à Tiossan!

En 2004, elle crée sa première société, Adina World Beat Beverages basée à San Francisco. Il s’agit d’une entreprise qui vend des boissons africaines aux Etats-Unis, comme le bissap sénégalais. Le bissap est un breuvage à base de fleur d’hibiscus qui a vite séduit les consommateurs américains. Par la suite, l’entreprise s’est développée à la commercialisation de thé et de café gourmets et exotiques. Ces produits, présentés comme une alternative éthique et saine aux sodas, sont certifiés biologiques par l’United States Department of Agriculture (USDA) et permettent à la société de réaliser un chiffre d’affaires de 3,2 millions de dollars, d’employer environ 25 personnes et de lever plus de 30 millions de dollars de capital-risque auprès des investisseurs. Cependant, l’organisation n’était pas aussi centrée sur l’Afrique tel que Magatte le voulait. Au fil du temps, elle ne se reconnaît plus dans ce projet et démissionne en tant que PDG de Adina World Beat.

Telle une entrepreneure en série, elle passe à un nouveau projet, plus en phase avec sa philosophie. En 2011, près de New York, elle lance Tiossan. « Origines » en wolof, est une entreprise de cosmétiques de luxe à base de produits naturels sénégalais. Cette nouvelle entreprise se veut avant tout panafricaine : « Notre but ultime chez Tiossan est non seulement de trouver nos ingrédients en provenance d’Afrique, mais aussi d’y transformer la fabrication et la production de nos produits. En établissant nos installations de traitement au Sénégal, Tiossan apportera des emplois et une nouvelle autonomisation financière aux personnes travailleuses du pays ». De plus, 50% des profits de Tiossan sont consacrés à la création d’écoles innovantes, sur le site de la marque nous pouvons lire ceci : « Grâce à la création d’écoles entrepreneuriales, nous avons l’intention d’élargir notre impact et de stimuler des centaines d’autres entrepreneurs sénégalais consciencieux et bien formés, créateurs d’emplois de demain ». Pour Magatte Wade, participer au changement de l’Afrique n’est pas un souhait, mais une réalité.

Une histoire que Magatte Wade met au service de l’Afrique !

Son vécu lui permet aujourd’hui d’écrire des articles et de tenir des tribunes pour de grands médias et de participer à des conférences notamment pour de grandes universités. Magatte Wade a écrit pour des sites d’informations tels que The Guardian et The Huffington Post et de finances tel que Barron’s. Elle tient également des conférences dans lesquelles elle transmet son état d’esprit et ses messages tels que le besoin d’entreprendre et l’importance de l’autonomisation des femmes africaines. Mais plus important encore, changer la vision occidentale de l’Afrique, et celle que les Africains ont d’eux-mêmes. Transformer l’aide internationale en investissement et faire comprendre à la jeunesse africaine l’importance de sa culture et de son potentiel. Elle a notamment défendu ses points de vue et ses convictions en conférence pour les plus grandes universités américaines (Harvard, Yale, MIT…).

Son expérience, sa réussite et ses opinions lui ont valu plusieurs distinctions. Le Forum économique mondial de Davos l’a nommée parmi les Young Global Leaders, elle fait donc partie des près de 800 entrepreneurs ayant moins de 40 ans censés participer au monde de demain. Après l’avoir présentée comme l’une des 20 femmes africaines les plus influentes en 2011, le magazine Forbes la place, 3 ans plus tard, à la tête du classement des « 20 jeunes bâtisseurs de l’Afrique de demain » !

Elle est également une inspiration WANA, elle pour qui entreprendre est la meilleure manière d’exprimer l’importance de sa culture africaine et occidentale. Une force culturelle qu’elle met au service d’un combat pour une grande Afrique de demain ! Comme elle, nous voulons changer la vision que le monde possède de l’Afrique. Comme elle, nous pensons qu’il faut plébisciter l’investissement et non pas l’aide en Afrique. Comme elle, nous tentons de mettre en valeur les forces des cultures africaines qui ne valent pas moins que les autres. Enfin, comme elle, nous pensons qu’il n’y aura jamais de grande Afrique sans une autonomisation des femmes africaines.

Pour suivre et en savoir plus sur Magatte Wade :

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