Kadhy Touré : “La Nouvelle Afrique c’est nous, l’esprit vif.”

par / Aucun commentaire / 22 juin 2017

Elle incarne l’avenir du 7e art ivoirien après le succès de “L’Interprète”, film qu’elle a produit l’an passé : l’actrice et réalisatrice Kadhy Touré a accepté de répondre à nos questions sur sa carrière et nous a fait part de son regard sans détour sur le cinéma africain.

WANA : Vous êtes une productrice ambitieuse, comment entendez-vous concrétiser vos différents projets ?

Kadhy Touré : J’ai une foi inébranlable en Dieu et en ma personne. Le cinéma étant une passion je ne sens jamais que je travaille car j’aime ce que je fais, ça devient donc plus facile. Tout le reste n’est que courage et détermination d’aller jusqu’au bout de tout projet que l’on commence.

WANA : De notre point de vue, vous êtes le futur porte-drapeau du cinéma africain. Que ressentez-vous vis-à-vis de cette responsabilité ?

Kadhy Touré : Euh…. Vous m’apprenez une nouvelle, donc je suis flattée, merci beaucoup mais je pense que le cinéma africain a beaucoup de porte-flambeaux. Moi j’essaie juste de graver mes empruntes dans un monde en plein essor.

WANA : Est-ce que votre métier de directrice de communication a une influence sur votre œuvre artistique ?

Kadhy Touré : Humm, oui je pense même si ce n’est pas de façon très étroite mais ça m’aide souvent à toucher la bonne cible, au bon endroit, au bon moment.

WANA : Vous avez beaucoup travaillé au Ghana auprès du public anglophone. Quelles sont les différences entre le cinéma francophone et le cinéma anglophone en Afrique ?

Kadhy Touré : Les anglophones ont l’esprit plus battant que les francophones, ils osent énormément contrairement à nous. Et c’est notre plus grand frein.

WANA : Quels sont vos acteurs africains préférés ?

Kadhy Touré : Geneviève Nnaji.

WANA : Et au niveau mondial, qui sont vos acteurs favoris ?

Kadhy Touré : Mel Gibson, Denzel Washington, Edward Norton, Gerald Butler… je sais, il n’y a que des hommes ! (rires) Mais pour moi, ils sont incomparables et à chaque fois que je regarde un de leurs films j’apprends quelque chose de nouveau.

WANA : A seulement 28 ans, vous êtes à la fois actrice, productrice et réalisatrice. Dans quelle branche vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Kadhy Touré : Franchement, je commence à mieux me sentir dans la production, sans doute parce que c’est là-bas qu’il y a l’argent ! (rires) J’avais même, après mon film « L’Interprète », pensé à arrêter le cinéma en tant qu’actrice et me concentrer sur la production mais certaines personnes m’ont conseillé autrement donc voilà…

WANA : N’est-ce pas trop difficile de gérer ces trois métiers du fait de votre jeune âge ?

Kadhy Touré : Qui vous a dit que 28 ans c’est jeune ? (rires). Je trouve même que j’aurais dû me lancer plus tôt. Comme je l’ai dit précédemment, lorsque c’est passionnant, tu ne sens même pas que tu travailles. Je reste des jours dans des salles de montage sans rentrer à la maison, à dormir sur un matelas juste parce que je veux que le boulot soit bien fait. Et devinez quoi ? Je ne m’en plains pas, bien au contraire ! Je ne le répèterai jamais assez qu’il n’y a rien de meilleur quand on fait ce que l’on aime.

WANA : Quelle est votre définition de la Nouvelle Afrique ?

Kadhy Touré : La Nouvelle Afrique c’est nous, l’esprit vif.

WANA : Un dernier mot pour vos fans et nos lecteurs partout dans le monde ?

Kadhy Touré : On n’est jamais trop jeune pour se lancer et impacter le monde. Il faut chaque jour se lever, se regarder dans le miroir et se dire : « Le monde a besoin de moi », « Je dois faire bouger les choses. » Parce que notre vie est tellement courte et une fois que nous ne serons plus de ce monde, personne ne se souciera des maisons ou des voitures que l’on aurait accumulé. Mais ce qui restera dans la mémoire des gens, c’est l’impact que nous aurons eu sur leur vie. Que Dieu nous bénisse et merci WANACorp.

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