Festival Mawazine Part.2 : Calypso Rose, DJ Snake en Top, programmation et public en flop !

par / Aucun commentaire / 24 mai 2017

Mawazine s’est tenu pour la 16ème édition de son histoire.  Jusqu’au 20 mai, le festival qui s’impose comme l’un des plus grands du monde nous a proposé son lot d’artistes marocains et internationaux à Rabat.  Dans la capitale marocaine, la WANATeam a suivi de près le programme de cette année et propose de vous faire une revue en deux parties du festival Mawazine 2017. Aujourd’hui, retour sur les prestations tops de Calypso Rose et DJ Snake et sur ce qui nous a beaucoup moins plu !

Les Tops du festival Mawazine

Calypso Rose

Voilà pourquoi on aime le festival Mawazine, bien qu’il possède son lot de défauts, il a pour vocation de nous faire découvrir des artistes de talent venus du monde entier. C’est par simple curiosité, mais également pour rejoindre la scène du Bouregreg, la plus cool et la mieux sécurisée, que nous avons assisté à la représentation de la chanteuse qui nous vient tout droit de Trinité-et-Tobago. Une dame de 77 ans à l’énergie folle. Drôle et charismatique, la reine du calypso (musique antillaise) nous a envoutés par sa joie de vivre, son déhanché et son mini strip-tease… Une bête de scène qui a ravi le peu de monde, comme à chaque fois que l’artiste n’est pas connu du grand public, présent sur la scène en bord de fleuve. Sur place, on a vite compris pourquoi lors de la 32e cérémonie des Victoires de la musique, Calypso Rose a remporté la victoire de l’album de musiques du monde de l’année, pour son album Far from home. Malgré la barrière de la langue, elle a réussi à nous raconter l’histoire de sa grand-mère esclave, assurant qu’elle est aussi une Africaine, même de loin, et à prévenir les Marocains contre la violence conjugale envers les femmes. Une grande dame.

DJ Snake

Plus le temps passe, plus DJ Snake s’affirme comme l’un des DJ les plus influents de la planète. Comme pour toutes les grosses stars présentes pour le festival Mawazine, on retrouve le DJ français sur la scène de l’OLM Souissi au milieu d’une foule monstrueuse. Deux heures ou presque de show non stop. Quelques-uns des plus gros tubes de ces dernières années ont fait danser quelques 100 000 personnes. « Turn down for what », « Let me love you » et « Lean on » ont littéralement fait trembler le sol. Le DJ avait promis aux Marocains une grosse surprise lors de sa représentation. Et quelle ne fut pas notre joie de voir la légende algérienne du raï Cheb Khaled venir sur scène et nous interpréter « Didi » et « Abelkader ». Très bien reçu par le public marocain, le chanteur oranais est bel et bien une légende de la musique et DJ Snake sait définitivement très bien s’entourer. Son succès n’est certainement pas prêt de s’essouffler et encore moins au Maroc.

Les Flops du festival Mawazine

La programmation du festival Mawazine.

L’ambition des programmateurs du festival se divise en quatre volets, attirer les grosses stars internationales du moment (Booba, DJ Snake, Wiz Khalifa, Demi Lovato…) et les stars de la musique orientale (Georges Wassouf, Fares Karem, Najwa Karem…), offrir la scène aux stars locales (Asma Lmnawar, Zina Daoudia, Hatim Ammor…) et faire venir des légendes de la musique africaine modestement connues (Bonga, Calypso Rose, Alpha Blondy…). Chacun de ces volets a une scène qui lui est consacrée. L’OLM Souissi pour les stars internationales, la scène de Salé pour les stars locales, l’espace Nahda pour les artistes orientaux, la scène du Bouregreg pour les têtes d’affiches africaines en ce qui concerne les shows gratuits. Des concerts payants ont également lieu, aux Chellah pour la catégorie « Musiques du monde » et au Théâtre national Mohammed V pour la catégorie « découverte ». Il y’en a pour tous les goûts, pour toutes les couleurs et les scènes sont bien desservies. Pourquoi parler de flop alors ? Tout d’abord, parce-que les catégories sont de véritables « paëllas ». Quand Booba est en scène internationale, MHD est dans la catégorie « Afrique » comme  Calypso Rose, antillaise… Voir Charles Aznavour dans la catégorie « découverte » est surprenant. Enfin et surtout, parce que ce festival marocain, rabati, met plus en évidence les artistes internationaux que les artistes nationaux. La scène consacrée aux artistes locaux est à Salé, ville en périphérie de la capitale. Difficilement accessible, notamment la nuit. Dommage.

Le public du festival Mawazine.

Si le festival Mawazine s’impose comme une référence africaine, il le doit plus à sa programmation diverse et variée qu’à la ferveur de ses festivaliers. Pour les stars internationales et pour MHD au Bouregreg, nous avons été particulièrement surpris par la foule. Près de 100 000 personnes ou plus systématiquement. Si l’artiste assure un show de qualité comme le rappeur parisien, le public suit et l’ambiance est au rendez-vous. La sécurité également. Cependant, durant tout le festival, les riverains, les habitués, n’ont cessé de nous mettre en garde contre les dangers du festival. Pickpockets, agresseurs étaient apparemment légion. Il faut dire que durant les shows, la sécurité était très bien assurée. Gendarmes et policiers rodaient au milieu de la foule et intervenaient efficacement. Mais une fois le spectacle terminé, la donne est différente, particulièrement vers la scène internationale. Tout d’un coup la foule devient un danger. Les policiers n’y entrent pas et si vous avez le malheur d’avoir sur vous une casquette ou un collier, vous pouvez lui dire adieu… L’autre côté négatif, c’est l’absence d’ambiance lorsque l’artiste n’est pas connu. La foule est dispersée, des trous se forment un peu partout au milieu du public. Les artistes ont beau demander au public de répéter, de lever les mains ou d’applaudir, ils sont difficilement suivis. A la scène du Bouregreg, il valait mieux s’y rendre pour danser en petit comité que pour être au milieu d’une foule en délire…

Pour cette dizaine de festival, Rabat a vécu aux rythmes de Mawazine. Les gens venaient de partout, en famille, entre amis et en couple et les expats s’y donnaient rendez-vous. La ville a proposé quelques spectacles de rue, ici et là, mais rien de bien exceptionnel. On conseillera aux gens de se rendre au festival Mawazine, seulement il faut faire très attention, éviter de rester à la fin des prestations des stars internationales, et privilégier les scènes où se représentent les artistes modestement connus. L’ambiance est moins euphorique certes, mais est meilleure, et puis vous découvrirez forcément des artistes de talents : là est la véritable force du festival Mawazine.

C’est ici pour lire la partie 1 !

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