DJ Arafat, rétrospective de 15 ans de succès dans le coupé-décalé !

par / 1 commentaire / 16 mars 2018

A l’occasion de la sortie de son nouveau clip « Aurore Mélodie », WANA a décidé de rendre hommage à un pilier le »Yorobo », « Termistocle », « Zeus », « Double Koraman », « Commandant Zabra »… tous ces surnoms pour nommer le numéro 1 du coupé-décalé depuis 15 ans maintenant : DJ Arafat ! Retour sur 15 morceaux qui ont fait sa légende, un pilier incontournable de la musique ivoirienne et africaine.

Hommage à Jonathan (feat Mulukuku DJ) – 2003

A seulement 17 ans, le jeune Ange Didier Houon se révèle à la face du monde avec ce morceau rendant hommage à un ami disparu, Jonathan, décédé tragiquement. De cet événement triste va naître une des chansons les plus emblématiques du coupé-décalé. Parrainé par le peroxydé Mulukuku DJ (interprète du fameux Merci Seigneur), DJ Arafat s’impose rapidement comme le futur prodige de ce mouvement qui va déferler sur l’Afrique : une légende est née.

Femmes (Ma chérie faut pas pleurer) – 2005

Devenu blond, DJ Arafat sort un morceau dans les standards du coupé-décalé, que ce soit dans les instrumentales ou dans le clip, tourné en plein Paris dans la rue principalement. En plus de résumer la joie de vivre communicative qui envahit la jeunesse ivoirienne, l’artiste profite de sa notoriété naissante pour dénoncer le comportement extra-conjugal des « garçons d’Abidjan » vis à vis des femmes. Arafat fait passer un message engagé et pro-féministe qui se retournera contre lui quelques années plus tard suite à ses frasques conjugales…

Abidjan-Paris – 2007

Le mouvement coupé-décalé se cherche des successeurs après le décès de son créateur Douk Saga. Avec Abidjan-Paris, la musicalité des morceaux de DJ Arafat connait une évolution. L’arrivée de nouveaux arrangeurs et d’instruments originaux (on entend même une flûte !) accompagne qui commence à s’affirmer et à se détacher de la concurrence, notamment en plaçant sa voix grave qui fera sa marque de fabrique à l’avenir.

Le Kpangor (feat Debordo) – 2008

Une collaboration DJ Arafat-Debordo arrangée par Bebi Philip ? Eh oui, ça a déjà existé, et quel concept ! Avec le Kpangor, les enfants terribles du coupé-décalé se retrouvent pour sceller une amitié artistique à la hauteur de leurs talents. « Debordo et Arafat sont des camarades ! » en 2008 mais ils entretiendront par la suite une rivalité pour la place de numéro 1 du mouvement. Elle atteindra son paroxysme avec Evasion du Feu en 2013 où les deux chanteurs se clasheront violemment sur le même beat !

Zoropoto – 2010

Dans cet opus en plusieurs parties, le concept Zoropoto d’Arafat prend une tournure plus recherchée dans la musicalité. La voix plus grave, plus rock, des arrangements instrumentaux nettement plus électroniques… le coupé-décalé entre dans les années 2010 en trombe. Celui qui commence à se faire appeler Yorobo s’impose comme le fer de lance d’une musique ivoirienne et Zoropoto est bel et bien la confirmation de ce changement de statut.

Oulala (feat Mokobé) – 2011

Expulsé de France quelques années plus tôt, Yorobo revient sur la scène musicale française par la grande porte avec ce feat avec le rappeur du 113 Mokobé. Exit le coupé-décalé, place à un son aux sonorités club où Arafat chante le refrain et place un concept « Bob l’éponge ». Cette incursion sur le marché français montre que le chanteur ivoirien arrive à s’exporter, au même titre que ses glorieux aînés les Magic System ou encore Alpha Blondy l’ont fait avant lui.

Kpankaka – 2012

Le « Zeus » assume son virage rock dans Kpankaka, c’est l’avénement de ce qui se rapproche de l’African Rock, avec beaucoup d’attalakus et des compositions instrumentales principalement enregistrées en studio. Nous sommes face à un coupé-décalé de plus en plus sophistiqué et aux antipodes des débuts de l’artiste. En 2012, il reçoit deux prix : celui du meilleur artiste africain de l’année et celui du meilleur artiste masculin de l’Afrique de l’Ouest au Kora Awards. On l’appellera désormais également « Double Koraman » comme on appelle le monument Koffi Olomidé « Quadra Koraman ».

Touching Body (feat J.Martins) – 2013

A ce jour, c’est l’un des plus grands succès de DJ Arafat sur Youtube. Avec le mouvement Naija qui commence à pointer le bout de son nez Arafat, fort de son nouveau statut de star africaine de la chanson, collabore avec des artistes anglophones et ici avec le talentueux J.Martins. Un clip propre comme les Nigérians savent en réaliser et un couplet énergique du « Commandant Zabra » et voici l’un des tubes de l’année 2013. Cela devient incontestable : il y a Yorobo et les autres sur la scène francophone.

Gbobolor – 2015

Après une année 2014 très décevante alors qu’elle a été exceptionnelle pour de nombreux artistes sur l’ensemble du continent, où Arafat a même été surclassé en Côte d’Ivoire par un nouveau rival, le mannequin des arrangeurs Serge Beynaud et son excellent Okeninkpin. L’Influamento se doit de réagir en cette année 2015 et quoi de mieux qu’un nouveau concept, Gbobolor, réalisé en Côte d’Ivoire et dansé dans la rue pour tenter de récupérer son trône perdu. Le ton est donné : « Je suis le capitaine du coupé-décalé, c’est moi qui porte le brassard ! « . En doutait-il ?

C’est moi – 2015

Le Temistocle allie l’aspect traditionnnel de son pays et la modernité de son coupé-décalé rock très sophistiqué. Le roi du coupé-décalé continue son egotrip pour récupérer son statut de numéro 1, histoire de montrer que le boss : c’est lui !

Maplôrly – 2016

Arafat va montrer qu’il est encore le numéro 1  du coupé décalé en montrant plusieurs facettes de sa personnalité musicale. Avec Maplôrly, ce seront les sonorités traditionnelles qui vont dominer le morceau mais ce côté ethnique se ressentira dans l’aspect visuel avec un clip filmé de nouveau en Côte d’Ivoire. Reconquête acte 1.

Je gagne temps – 2016

Coupé-décalé, club, rock, pop… et maintenant le reggae. Avec ce morceau, on a l’impression que DJ Arafat cherche à s’apaiser en touchant à un nouveau style musical. Il se confie (encore de l’egotrip) auprès de ses fans mais aussi auprès de ses détracteurs en leur laissant un message comme il sait les distiller. On vous laisse écouter le morceau en entier et vous comprendrez !

Agbangnan – 2016

Plus ethnique que cela, tu meurs ! Avec Agbagnan, Termistocle achève 2016 à la perfection après avoir traversé les genres musicaux et ce bien au delà du coupé décalé. On aurait pu ajouter « Mouvement Pattata » ou encore « Bobitana » dans ce cru 2016 de DJ Arafat. Sa panoplie s’est élargie mais ce qui nous a plu, c’est ce retour progressif aux sources qui a permis à sa musique de se renouveler, même si cela donne des morceaux moins sophistiqués, ils sont plus authentiques !

Kpadoompo – 2017

« La vie est belle quand tu as trop d’inspiration… Merci ! ». Oui, il y a toujours de la recherche et du talent chez DJ Arafat. La musique démarre et c’est un nouveau concept que le maestro nous sort. L’instrumentale est sophistiquée, la danse est simple à retenir et on se laisse porter par le message d’un Arafat en mode egostrip (une habitude). La réalisation du clip très axée sur la mise en avant des danseurs et des femmes, dont les attributs physiques sont (grossièrement ?) valorisés.

Faut chercher pour toi – 2017

Place à la trap music ! A force de chercher l’egotrip, Influamento s’est mis directement dans l’idée de conquérir et populariser le mouvement hip-hop en Afrique. Le rap de l’artiste ne révolutionnera pas la face du monde mais montre de nouveau qu’il est capable d’aller vers des univers musicaux différents de son domaine de prédilection. C’est en cela que l’on voit que le chanteur ivoirien est capable de se challenger et de bousculer l’ordre établi, même le sien. En traversant les époques, les styles et les tendances, DJ Arafat est toujours là, 15 ans après les débuts du mouvement coupé décalé, écumant les grandes salles, les stades, les récompenses et en ayant l’indéfectible soutien de ses fans. Adulé comme controversé, le Zeus ne laisse personne indifférent et figure parmi les piliers de la musique en Afrique. Chapeau l’artiste.

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One Comment

  1. Tu es plutôt un cheval de la music ivoir….

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