Black Panther : que vaut vraiment le nouveau Marvel ?

par / Aucun commentaire / 22 février 2018

Après un premier article concernant la BO du film «Black Panther, The Album» réalisé par Kendrick Lamar, WANA se lance désormais à l’assaut du film «Black Panther». Le super-héros « Black Panther » se hisse en première place du box-office nord-américain et engrange plus de 242,2 millions de dollars sur ses quatre premiers jours d’exploitation. Il devance même Star Wars « le réveil de la force » en réalisant le meilleur lundi de l’histoire du cinéma avec 40 millions de dollars. Mérite-t-il tout cet engouement ? Est-il à la hauteur de l’attente et des espoirs qui ont été placés en lui ? Voici l’avis WANA.

Le synopsis

« Après les événements qui se sont déroulés dans « Captain America : Civil War », T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier… »

Un casting et un budget hollywoodien

Dernier opus des studios Marvel, filiale du géant Disney, Black Panther a été réalisé par le metteur en scène afro-américain Ryan Coogler qui a fait appel au gratin de la nouvelle scène du cinéma noir-américain comme Chadwick Aaron Boseman, révélé dans « 42 » où il joue le rôle de Jackie Robinson, premier joueur de baseball afro-américain à avoir évolué en ligue majeur;  mais aussi  « Get on Up », film dans lequel il joue le rôle du King James Brown. Ce qui l’a mené au rôle principal de T’Challa dans Black Panther.

Pour l’affronter dans le rôle d’Erik Killmonger, nul autre que Michael BJordan, star du dernier Rocky « Creed » ou encore de « Fruitvale Station» (déjà produit par Ryan Coogler). Lupita Nyong’o qui enfile le costume de Nakia, elle qui était la révélation du film « 12 Years A Slave » ou encore Daniel Kaluuya, star d’un des films événements de l’année 2017 « Get Out » que l’on retrouve dans Black Panther pour jouer le rôle de W’KabiBien sûr, on retrouve au casting des acteurs incontournables comme Forest Whitaker ou encore Angela Bassett dans le rôle de la mère de notre hérosJamais Hollywood n’aura mis autant de moyens dans un film aussi positif sur l’Afrique.

Un univers et des décors tout simplement magnifiques

Black Panther est un vrai hommage aux cultures africaines et à l’afro-futurisme. Bienvenue au Wakanda, un pays fictif d’Afrique de l’Est qui a la particularité de n’avoir jamais été colonisé et qui grâce à sa technologie avancée (et l’aide du vibranium, un métal imaginaire indestructible) a su rester caché du reste du monde. Car pour le reste du monde, le Wakanda est un pays du tiers-monde en développement.


Pays ultra moderne et doté d’une technologie futuriste, le Wakanda est la nation la plus avancée de la planète. Le pays est un vrai pont entre les anciennes traditions africaines et une Afrique puissante futuriste comme on peut le voir dans les tenues des personnages rappelant à la fois les tribus indigènes mais modernisées avec des modèles plus futuristes. La costumière Ruth E. Carter a pu s’inspirer de différentes tribus africaines comme les Zoulou, les Massai ou les Ndebele (notamment pour les Dora Milaje, les guerrières de l’armée du Wakanda) mais aussi de la mode plus actuelle, notamment du Nigéria pour les tenues de T’Challa dans le film.

Black Panther : un hommage à la femme

Dans ce film, les femmes ont une place très importante. Pour accompagner Black Panther, c’est Nakia la bien-aimée de notre personnage qui tient le second rôle. Une femme indépendante et révolutionnaire se battant pour des causes. Les guerrières du pays, composées uniquement de femmes chauves ultras puissantes et charismatiques sont également présentes, notamment la superbe Okoye qui représente parfaitement la femme africaine puissante et féminine (une des scènes drôles du film est lorsque celle-ci ne supporte pas le fait de devoir porter une perruque).

La personne la plus intelligente du pays n’est autre que la princesse Shuri, qui s’occupe du pôle technologique. On peut constater dans ce film que les femmes ont toutes des coupes de cheveux mettant en avant les cheveux naturels des Africains et les caractéristiques physiques « Afro ». Si les guerrières sont chauves, la reine, elle, arbore des dreadlocks grisonnantes, Shuri les cheveux tressés, et Nakia des Bantu Knots, petit chignon formé à partir d’une tresse. Si Black Panther est le personnage principal du film, les femmes qui l’accompagnent sont tout aussi importantes et indispensables.

Une opposition ambiguë entre le bien et le mal 

Le personnage d’Erik Kill Monger est peut-être le personnage le plus intéressant du film et illustre parfaitement le problème et l’ambiguïté scénaristique du film. Fils du frère du roi du Wakanda (donc cousin de Tchalla) et d’une afro-américaine, il voit son père se faire assassiner par celui-ci lorsqu’il est enfant et voue une haine démesurée envers le Wakanda et Black Panther. Celui-ci reproche notamment au pays de rester caché et de ne s’occuper que de leur propre bien être et de leur propre pays. Alors qu’avec leur avancée technologique et leurs richesses, il pourrait venir en aide aux nombreux pays africains frontaliers en difficulté, mais plus principalement à la cause noire dans le monde entier (ce qui a d’ailleurs souvent été reproché à Barack Obama par une partie de la population noire dans le monde).

Une vision des choses qu’un habitant du Wakanda ne peut pas comprendre mais qui, lui ayant vécu dans un ghetto d’Oakland, l’obsède et il fait de nombreuses références au sujet notamment lorsqu’il dit que lorsque des noirs ont voulu se rebeller ils n’avaient jamais la puissance nécessaire mais que lui grâce à la puissance du Wakanda il va réussir, ou encore la référence à l’esclavage à la fin du film «  Je préfère qu’on me jette dans l’océan qu va en prison, comme mes ancêtres qui se sont jetés par-dessus bord. Ils savaient que mourir c’était mieux que vivre avec des chaines ». C’est lors d’un duel l’opposant à Tchalla qu’il cherche donc à prendre le pouvoir et à réaliser son ambition tel un suprématiste afro. Lors des mouvements révolutionnaires des années 70, son personnage était d’ailleurs plutôt comparé à Malcolm X quand celui de Tchalla était plutôt lié à Martin Luther King, jugé plus ouvert et pacifiste.

Un symbole pour les Africains et un lien entre les Afro-descendants et le continent

On a beaucoup entendu ces derniers temps que le film allait permettre aux Noirs d’avoir enfin un super héros auquel s’identifier, que cela serait important pour les jeunes lorsqu’ils verront ce film et de changer aussi l’image de l’Afrique aux yeux du monde.

C’est une réussite et c’est en partie vrai. C’est en quoi le film doit avoir vocation mais pas totalement. Cela serait avoir la mémoire courte d’oublier de nombreux acteurs qui avant ce film ont eux aussi représenté au mieux la cause et auxquels la population afro-américaine ont pu s’identifier. Les Afro-américains contrairement peut-être aux autres Afro-descendants ont eu la chance d’avoir de nombreux symboles qu’ils soient politiques (Malcolm X, Martin Luther King, Rosa Parks, Black Panther ou encore Barack Obama), artistiques (James Brown, Michael Jackson, 2 Pac , Notorious Big , Beyoncé, Denzel Washington, Will Smith, Nina Simone…) ou sportives (Michael Jordan, Tiger Woods, Carl Lewis, Shaquille O’Neal…)

D’un point de vue cinématographique, Black Panther n’est pas le premier super héros noir. Bien avant lui on a eu le droit à Blade, le tueur de vampire incarné par l’incontournable Wesley Snipes ; Tornade dans X-Men, incarné par Halle Berry (ou encore Catwoman), Le Faucon et Nick Fury dans Avengers, la torche dans les 4 Fantastiques ou encore les deux dernières séries Netflix Luke Cage et Black Lightning.

La vraie différence dans Black Panther est que le casting en général est à majorité afro-américaine et que le film est le premier Blockbuster étant entièrement consacré à des super héros noirs, quand les personnages précédents était des héros noirs dans un univers « blanc ». Black Panther, contrairement à ses prédécesseurs est lui un super héros africain et non afro-américain et devient ainsi un réel symbole pour l’Afrique plus que pour la « cause noire » en particulier.

Néanmoins, le fait que le film soit réalisé par des Afro-américains et présente des acteurs majoritairement américains et britanniques, permet de créer un lien entre ces afro-descendants et le continent africain. Cela montre une réelle volonté de cette population de s’intéresser et de rendre hommage à leurs origines, leurs racines.

Notre avis sur le film

Malgré un début un peu long et quelques clichés, le film est une vraie réussite et peut être classé parmi les meilleurs films de l’univers Marvel avec d’autres super héros comme Deadpool, Civil War ou Les Gardiens de la Galaxie. Black Panther nous surprend par la qualité de ses décors, son dépaysement total et son ambiance générale tout simplement fantastique. On espère qu’il est le premier d’une longue série et que ce film ouvrira la porte à d’autres gros films à budget de tendance africaine.

Mais en attendant « Wakanda Forever » et pour ceux qui hésitaient encore, un seul mot : foncez !

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