Quand l’Amérique se met à l’heure du phénomène afro-musical !

par / Aucun commentaire / 28 août 2017

Vous n’êtes certainement pas passé à côté de ce phénomène. Les collaborations musicales afro-américaines ont particulièrement été de mise cette année. Si l’industrie musicale nigériane est la première bénéficiaire de ce phénomène, d’autres pays ne sont pas en laisse…

Les rapports de force semblent s’être inversés. Ce sont désormais les artistes américains qui courtisent les artistes africains. Conscients du véritable potentiel de l’industrie musicale africaine, ces interprètes n’hésitent plus à passer par le berceau afin de s’internationaliser. Un fruit de la mondialisation qui profite davantage aux nigérians (pour le moment) qui utilisent majoritairement l’Anglais dans leurs morceaux.

Un phénomène qui profite au Nigéria…

Wale brandissant le drapeau nigérian dans “Fine Girl”

La déferlante “Naija” s’est attaquée à l’Afrique avec succès, il est donc légitime de voir les nigérians ambitionner de conquérir le monde.

Les exemples sont conséquents. On pense tout d’abord évidemment au Canadien​ Drake qui a dans un premier repris “Ojuelegba” de Wizkid, avant de le convier sur son album Views sur le titre “One Dance“. Un titre d’ailleurs produit par l’excellent sud-africain DJ Maphorisa. Une apparition pouvant être jugée courte de la part des fans de Wizkid qui ont pu être soulagés de voir “Come Closer“.

Davido est l’autre ogre nigérian s’étant exporté en Amérique. D’abord en collaborant avec Meek Mill, puis en devenant le premier artiste africain à signer chez Sony. Dernièrement, il est apparu avec Olamide dans le titre “Fine Girl”, extrait de l’album Shine du rappeur Wale (lui aussi d’origine nigériane).

Un clip qui résume parfaitement ce phénomène avec un magnifique visuel coloré par des tenues africaines, des drapeaux de nombreux pays africains rassemblés avec celui des États-Unis, tout en gardant cette touche “Bling Bling” américaine avec une magnifique demeure accompagné d’une piscine.

On retrouve également le natif d’Atlanta dans “Pere” avec Young Thug et les Rae Sremmurd (Slim Jimmy et Swae Lee). Ce qui est fort dans ce morceau, c’est que malgré la sonorité Hip-Hop, le style Davido n’est pas dénaturé. Le titre est même en Yourouba (Pere signifie flèche en français). Difficile d’en dire autant des Magic System par exemple, avec tout le respect que nous pouvons avoir pour le groupe ivoirien. Il ne s’agit pas d’une critique du groupe qui est désormais connu dans le monde entier, mais d’un constat.

C’est globalement sur cet aspect-là que l’on doit se réjouir. Ces artistes conquièrent un nouveau public, tout en conservant leurs fans africains de base car on les laisse clairement s’exprimer dans ces morceaux. Artistiquement, on y retrouve bien leur patte que ce soit dans les paroles, les instrumentales et les visuels. Il s’agit bien d’une “africanisation” de l’Amérique, et pas l’inverse.

…Mais pas seulement

Trey Songz avec le Ghanéen StoneBwoy

Swae Lee est visiblement lui aussi fan d’Afrique car c’est lui que l’on retrouve en compagnie de French Montana pour l’un des tubes de l’année “Unforgettable”. Dans le clip, on retrouve le rappeur d’origine marocaine et le plus jeune membre du duo Rae Sremmurd en Ouganda avec les Ghetto Boys !

Un autre succès de cette année est venue d’une autre collaboration afro-américaine. Il s’agit de “Marry You” du Tanzanien Diamond Platnumz et de Ne-Yo. En dehors des clips vidéos, cette “fusion” est également percevable dans l’émission Coke Studio Africa où l’on peut y voir des artistes de la trempe de Trey Songz et Jason Derulo sympathiser avec Yemi Alade, Serge Beynaud, Vanessa Mdee ou bien les Sauti Sol.

Et puis comment évoquer ce phénomène sans parler de Major Lazer ? Le collectif américain, très friand de mixage de culture au niveau musical était « obligé » de passer par l’Afrique, sans pour autant faire les choses à moitié. En effet, en plus des collaborations avec certains des tops artistes nigérians (Wizkid, Mr Eazi, Skales, Burna Boy…) ; Major Lazer est également tombé sous le charme de Fuse ODG, avec qui ils ont collaboré dans le hit « Light It Up », ou encore de DJ Maphorisa. Le groupe emmené par Diplo a ensuite effectué une grande tournée musicale dans le continent avant de conclure cette aventure avec la mixtape « Africa Now » !

Ce phénomène est intéressant car une grande liberté artistique est laissée aux artistes africains lors des différentes collaborations. La musique africaine est très riche et possède ce don de se marier avec tous les genres. En ce sens, nous pouvons nous en réjouir. Mais serait-ce de l’opportunisme dû à un “effet de mode” de la part des américains ? L’avenir nous le dira. Mais si cela n’est pas le cas, les futures stars africaines en devenir n’auront plus besoin de s’exporter car c’est le monde qui viendra à eux.

Laisser un commentaire