Cap sur ces Africains qui décident de s’expatrier au Japon !

par / Aucun commentaire / 28 juillet 2017

On le sait la diaspora africaine est présente sur une grande partie du globe. L’immigration des peuples africains, mais aussi les divers événements s’étant produits au cours de notre Histoire ont fait qu’il est difficile de trouver une partie du monde sur laquelle on ne trouverait pas d’Africains ou de descendants afroCependant, en dehors de l’Afrique, il est vrai qu’il est plus probable de retrouver des Africains en Europe ou bien en Amérique, de par le passé qui lie ces deux continents à l’AfriqueC’est après un voyage au Japon que la WANATeam a pris connaissance d’une importante communauté africaine au Japon

Par Samuel Tucker,

Lors du retour en France, une question récurrente était posée : «Il y a des Noirs au Japon ? » ou bien «Tu as vu des Arabes ? ». Car dans l’imaginaire, il est impossible que des pays aussi lointains, avec une culture aussi éloignée de la nôtre, puissent être ouverts à accueillir des communautés étrangères et encore moins africaines et pourtant… Ils sont souvent Nigérians, Sénégalais, Burkinabés, Ghanéens et Égyptiens. Et s’il est vrai que le Japon n’est pas le pays où l’on retrouve le plus d’étrangers, la communauté africaine de son côté est belle et bien présente !

Les Africains au Japon, un modèle de réussite !

En Europe, les communautés asiatiques (à tort ou à raison) sont souvent cataloguées comme étant des communautés très fermées et à la fois bien intégrées en France. Une minorité invisible qui ne fait pas de vague et étant très travailleuseContrairement aux idées reçues, au Japon, ce sont bien ces types d’adjectifs et de caractéristiques que l’on mentionne pour évoquer la communauté africaine.

En effet, les Africains venus au Japon sont réputés comme étant des « self-made-(wo)men », autrement dit, des entrepreneurs. Après avoir travaillé sur le territoire dans des entreprises locales, beaucoup y ont monté leurs propres business où ils y exercent des professions libérales. C’est d’ailleurs le cas de d’Émile Ilboudou, un chef cuisinier burkinabé qui a ouvert son propre restaurant africain du quartier le plus branché de la ville de «Shibuya» ; où il propose à sa clientèle des plats de son pays d’origine, le Burkina Faso, comme le « To sauce gombo », l’Attiéké ivoirien et le thieb sénégalais.

Ici, les Africains ont ouvert beaucoup de magasins de streetwear, mais aussi de tenues traditionnelles africaines. Un Nigérian m’a d’ailleurs raconté qu’il avait, pour commencer, ouvert son magasin sans même avoir de logement et a passé les premiers mois à dormir dans sa boutique afin de pouvoir économiser les fonds nécessaires.

L’avantage de ces Africains pour les entreprises japonaises, c’est leur apprentissage des langues. Beaucoup parlent le français et l’anglais, ce qui facilite les relations avec les touristes notamment dans les magasins, les bars et les boîtes de nuit. Ces Africains, contrairement à il y a 10 ans, arrivent de plus en plus jeunes et maîtrisent désormais totalement le japonais ! Ce fut un grand étonnement lorsque nous rentrions dans une « kombini » et que nous voyions un Africain discuter avec une de ses clientes dans un japonais parfait.

Pour leur physique « hors du commun » pour les normes locales au pays du Soleil Levant, beaucoup réussissent à faire des petits jobs de comédien ou de mannequin et depuis la Coupe du Monde 2002 et l’expansion de sports comme le football, les pays africains et les cultures « afro » sont de moins en moins méconnues au JaponIl existe désormais même une foire africaine à Tokyo une fois par an et la danse, notamment jamaïcaine, est l’un des marchés principaux hors du territoire jamaïcain !

La population locale semble plus ouverte à découvrir ces cultures qui leur semblaient si lointaines et inconnues. En discutant avec un Africain sur place (originaire du Nigeria), celui-ci expliquait que les Japonais en général n’étaient pas racistes et que les Africains ici ne subissaient pas le même type de racisme « haineux » que l’on peut rencontrer en Europe ou aux États-Unis. Mais pour eux, les Africains et les cultures africaines sont totalement inconnus mais les choses commencent désormais à changer.

Les relations entre le Japon et l’Afrique

La population japonaise est en perte de croissance et de plus en plus vieillissante. D’où l’importance de l’immigration pour l’économie japonaise et c’est pourquoi aujourd’hui les Japonais se tournent vers l’Afrique. Désormais, ce sont même les entreprises japonaises qui vont chercher de la main-d’œuvre en Afrique. Les universités également accueillent de plus en plus d’étudiants africains.

L’économie japonaise a du mal à se relever de la crise. Pour remédier à ce problème, le Japon a fait de l’Afrique une de ses priorités afin d’y investir mais aussi de permettre aux Africains de venir vivre sur l’archipel. Le Japon a pour objectif d’investir plus de 30 milliards de dollars avant 2018 notamment dans le développement et l’industrialisation des pays africains, la formation de personnel en ressources humaines, l’enseignement, l’énergie et en mathématiques ou bien le secteur de la santé. Au final, plus de 70 protocoles ont été signés entre le Japon et l’Afrique, et le Japon a d’ores et déjà commencé à investir notamment au Kenya : «Nous avons le sentiment profond que le Japon peut croire en l’Afrique les possibilités abondent » affirmait le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Le journal quotidien Le Monde il y a 1 an avait d’ailleurs qualifié que le Japon était un « modèle » de coopération avec l’Afrique.

Les liens entre l’Afrique et le Japon sont de plus en plus grandissants. L’eldorado européen et le rêve américain font de moins en moins rêver dans le monde et s’essoufflent petit à petit. Beaucoup d’Africains au pays qui ont l’ambition de s’expatrier et de réaliser leurs rêves se tournent désormais vers des destinations plus « exotiques ». La réussite de ces « Gaijin » (étranger en japonais) un peu particuliers en inspire plus d’un et beaucoup retournent aussi sur la terre d’origine pour appliquer ce qu’ils ont appris sur l’archipel Nippon. «En Europe et en Afrique on travaille pour vivre, au Japon on vit pour travailler ». C’est notamment ce qu’a appris Illo Kaza Ibrahim, un de ces «Japonais nouveaux» qui a monté sa propre société d’import-export « Kaza Worldwide Trading Japon ». Un avis que beaucoup d’Africains partagent au Japon et ont parfaitement assimilé.

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